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IA : Les dangers que court l'Afrique

Dernière mise à jours il y'a 10 mois

La prolifération des deepfakes, des faux documents et des fraudes biométriques constitue une menace croissante pour les systèmes de sécurité et de vérification d'identité en Afrique. Face à l'augmentation des pertes financières, il est impératif de mettre en place des réponses innovantes et rapides pour lutter contre cette criminalité technologique et protéger à la fois les institutions et les citoyens.

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L'intelligence artificielle générative, qui connaît un essor considérable, transforme de nombreux secteurs. Cependant, en Afrique, comme dans d'autres régions, cette technologie est également détournée à des fins malveillantes. Les fraudeurs exploitent ces outils pour produire de faux documents, générer des voix synthétiques et créer des images d'une qualité hyperréaliste, ce qui facilite la mise en œuvre d'escroqueries complexes et de crimes financiers.

Cette nouvelle vague de fraudes, alimentée par les avancées de l'intelligence artificielle, soulève des défis significatifs en matière de sécurité et de vérification d'identité. Selon le rapport de la société Smile ID intitulé « 2025 Digital Identity : Fraud in Africa Report Trends, tactics and key solutions to tackle fraud effectively », il est crucial d'adopter des stratégies adaptées pour faire face à ces menaces et garantir la sécurité des systèmes d'identité numérique. Un des éléments les plus alarmants de cette évolution est la montée des fraudes biométriques. Grâce à l'accès à des outils d'intelligence artificielle à faible coût ou gratuits, les escrocs sont désormais capables de créer des deepfakes, qu'il s'agisse de vidéos ou d'enregistrements audio falsifiés, ainsi que des selfies trompeurs de qualité supérieure. D'après des statistiques récentes, le nombre d'incidents liés aux deepfakes a été multiplié par sept entre le deuxième et le quatrième trimestre de l'année précédente. Les anomalies de selfies, qui sont utilisées pour contourner les systèmes de vérification, constituent désormais 34 % des nouveaux cas de fraude biométrique.

 Ces méthodes permettent aux malfaiteurs de générer de fausses identités ou de manipuler des données biométriques déjà existantes, ce qui rend les systèmes de sécurité traditionnels de plus en plus exposés aux risques. En 2024, l'Afrique de l'Ouest a enregistré la plus forte augmentation des cas de fraude biométrique, signalant une tendance préoccupante dans cette région. Les incidents d'usurpation d'identité y ont connu une hausse significative, représentant désormais 15 % des cas de fraude biométrique, alors qu'ils n'étaient que de moins de 5 % en 2023. Cette situation souligne l'urgence d'adapter les mesures de sécurité pour faire face à ces nouvelles menaces. Les institutions doivent impérativement renforcer leurs protocoles de vérification et investir dans des technologies avancées pour contrer l'impact croissant des deepfakes et des fraudes biométriques. La sensibilisation et la formation des utilisateurs sur les risques associés à ces techniques frauduleuses sont également essentielles pour protéger les données personnelles et garantir l'intégrité des systèmes de sécurité.

En plus de l'utilisation croissante de l'intelligence artificielle dans le domaine de la fraude biométrique, Smile ID souligne que d'autres méthodes sont également employées, telles que la fraude documentaire et la culture d'identité. La fraude documentaire se concentre sur la falsification ou la manipulation de documents d'identité, englobant des pratiques telles que la contrefaçon, la modification de documents authentiques et la dissimulation d'informations cruciales. Parmi les techniques récentes, on trouve la manipulation de documents numériques, les anomalies dans les portraits, ainsi que la soumission de photocopies ou de documents numérisés altérés. En ce qui concerne la culture d'identité, cette approche consiste à rassembler d'importantes quantités d'informations personnelles, souvent obtenues par des moyens illicites, afin de faciliter la fraude. Ces données sont ensuite exploitées pour créer des identités synthétiques, usurper des comptes existants ou ouvrir des comptes frauduleux. Les diverses techniques de fraude à l'identité qui émergent en Afrique ont des répercussions significatives sur le secteur financier. Malgré les avancées dans les processus de vérification d'identité (KYC), les pertes financières liées à la fraude continuent d'augmenter sur les principaux marchés.

Ce phénomène, selon Smile ID, est principalement attribué à la présence de documents d'identité obsolètes, incohérents et de qualité médiocre dans des pays tels que la Zambie, le Rwanda et le Soudan, ce qui continue de poser des obstacles aux processus de vérification. En Afrique de l'Ouest, le taux de fraude a connu une hausse significative, passant de 12 % en 2023 à 22 % en 2024, en raison d'une augmentation des tentatives de fraude biométrique. Les régions centrale et australe de l'Afrique affichent des taux respectifs de 22 % et 21 %. Les banques numériques ont observé un pic de tentatives de fraude atteignant 35 % de toutes les vérifications biométriques et documentaires en 2024, suivies par le secteur de la microfinance avec 30 %. Ces institutions demeurent des cibles privilégiées pour des stratagèmes sophistiqués qui combinent usurpation d'identité, prise de contrôle de comptes et blanchiment d'argent. En 2024, les cartes d'identité nationale ont enregistré le taux de fraude le plus élevé en Afrique, atteignant 27 %, ce qui témoigne de leur utilisation répandue comme principale forme d'identification. Les permis de conduire ont suivi avec un taux de 24 %, en raison de leur utilisation fréquente dans divers contextes, ce qui accroît leur vulnérabilité à des abus. Les passeports, quant à eux, affichent un taux de fraude de 20 %.


BCN

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