Finance islamique : Moteur de stabilité sociale
Dernière mise à jours il y'a 4 semaineLe Hilton de Yaoundé a servi de cadre le 22 décembre 2025 au lancement d'une vaste campagne nationale de sensibilisation portée par le Ministère des Finances. Sous le thème « Finance islamique : réformes, réglementation, défis et perspectives », cet événement marque la volonté de l'exécutif de normaliser et de propulser ce levier de croissance, longtemps resté en marge des circuits bancaires conventionnels.
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En ouvrant les travaux au nom du Ministre des Finances, le Secrétaire Général Gilbert Didier Edoa a souligné que la finance participative ne constitue plus une simple curiosité technique, mais un véritable moteur de stabilité sociale. Ce mode de financement, qui récuse l'intérêt usuraire au profit du partage des risques et des bénéfices, se présente comme une alternative éthique capable de mobiliser une épargne jusque-là dormante ou exclue du système formel.
La mobilisation de la BEAC, de la COBAC et de la CIMA aux côtés des banques et assureurs témoigne de l'urgence de traduire le cadre réglementaire communautaire de 2022 en offres commerciales concrètes. Malgré ce socle juridique, seuls trois acteurs Afriland First Bank, la CBC et le CCA-Bank opèrent actuellement via des fenêtres dédiées. Le défi n'est donc plus de légiférer, mais d'éduquer et de rassurer les opérateurs économiques.
Pour lever les freins au développement de ce secteur, les assises ont exploré quatre chantiers prioritaires. La question fiscale figure en tête de liste, avec la nécessité absolue d'ajuster l'imposition pour éviter que les produits participatifs ne subissent une double taxation en raison de leur structure transactionnelle unique. Sur le plan de la protection sociale, l'accent a été mis sur le déploiement du Takaful, une forme d'assurance mutuelle reposant sur la solidarité, visant à offrir une couverture conforme aux convictions des assurés.La crédibilité du système repose par ailleurs sur une surveillance rigoureuse. Les participants ont insisté sur l'instauration d'une conformité Shariah stricte, garante de la transparence et de la confiance des déposants. Enfin, la montée en compétence des acteurs demeure le pivot de cette réforme : il s'agit d'équiper les analystes et gestionnaires camerounais de compétences pointues pour une évaluation optimale des risques inhérents aux contrats participatifs, sécurisant ainsi l'ensemble de l'écosystème financier.
L'ambition du Cameroun est de devenir le pôle d'excellence de la finance islamique au sein de la zone CEMAC. En intensifiant le dialogue entre l'autorité monétaire et les acteurs du terrain, Yaoundé espère dynamiser les investissements via des instruments comme les Sukuk, capables de financer les grands projets d'infrastructure de l'État et du secteur privé. En alignant ces réformes sur la vision d'émergence 2035, le gouvernement camerounais démontre que la modernisation de son économie passe par la reconnaissance de la pluralité des modes de financement, au profit d'une croissance véritablement partagée.
Ndjomo Carlos
bernardo carlos ndjomo
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Floyd Miles
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