Fer de Mbalam : Le torchon brûle entre Sundance et le Cameroun
Dernière mise à jours il y'a 14 heuresAlors que la Chambre de commerce internationale (CCI) vient de lui infliger un revers cinglant face à Brazzaville, Sundance, loin de déposer les armes, redéploie ses forces vers le front de Yaoundé.
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Entre les couloirs feutrés de la High Court of Justice de Londres et les tribunaux parisiens, le projet transfrontalier Mbalam-Nabeba s'est mué en un bras de fer juridique. Pour Sundance, le temps presse. Déboutée au Congo pour "non-développement", la société jette désormais tout son poids dans un duel contre l'État du Cameroun, dont le verdict, attendu sous quelques semaines, pourrait définitivement sceller le destin de l'un des plus riches gisements de fer au monde.
Le tribunal de la CCI a estimé que le Congo était dans son bon droit en révoquant les permis de Congo Iron, pointant une inertie entre 2016 et 2018. "Stupéfaits" et "choqués", les dirigeants de la junior minière dénoncent des "irrégularités graves" et ont immédiatement saisi la justice anglaise pour tenter d'annuler cette décision qu'ils jugent injuste et déconnectée des réalités du marché minier. David Porter, président non exécutif de Sundance, fustige une incompréhension fondamentale du fonctionnement industriel par les arbitres parisiens. Mais au-delà de la colère, cette défaite renforce l'importance vitale du dossier camerounais.
Car sur le sol camerounais, la tension est à son comble. La sentence de la CCI concernant le litige avec Yaoundé est désormais programmé pour une fenêtre critique entre février et mars 2026. Sundance maintient que ses griefs contre le Cameroun sont distincts et plus profonds. Elle accuse l'État d'avoir manœuvré dans son dos pour confier le projet à de nouveaux partenaires, notamment AustSino et Bestway Finance. Pour Sundance, l'éviction de ses droits sur le gisement de Mbalam et sur le futur chemin de fer de 500 km vers Kribi est une expropriation déguisée. Pourtant, sur le terrain, le Cameroun a déjà tourné la page. Depuis 2021, la coopération avec le consortium sino-camerounais (CMC/Bestway Finance) a pris corps, matérialisant un projet que Sundance n'a jamais réussi à financer malgré des décennies de prospection.
L'issue de ce duel entre Sundance et le Cameroun sera le véritable test de résistance pour la stratégie minière de Yaoundé. Si Sundance espère une victoire à Londres pour invalider le précédent congolais et influencer le tribunal camerounais, l'État, fort de ses nouveaux accords industriels, semble serein. Pour le Cameroun, l'enjeu en 2026 n'est plus de savoir qui a exploré le gisement en premier, mais qui est capable de faire sortir le minerai de terre et de construire les rails de l'émergence. Ce bras de fer judiciaire, bien que spectaculaire, apparaît comme le dernier soubresaut d'un modèle de "junior minière" bousculé par l'exigence de résultats concrets et la montée en puissance des capitaux asiatiques dans le bassin de l'Ogooué-Ivindo.
Ndjomo Carlos
Floyd Miles
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