Café Arabica : Le Cameroun à la conquête de l'Asie et du Moyen-Orient
Dernière mise à jours il y'a 10 heuresSi les hauts plateaux de l'Ouest et du Nord-Ouest produisent un arabica rare, ce dernier vient de s'ouvrir les portes du Japon, de Taïwan, du Soudan et de la Turquie.
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Voir l'arabica camerounais s'inviter dans le trio de tête des exportations vers la Turquie, aux côtés de géants comme l'Allemagne et les États-Unis, prouve que le terroir national possède une signature aromatique capable de rivaliser avec les meilleurs crus mondiaux, malgré une production qui se bat encore contre les vents contraires du climat et de l'histoire.
Cette percée sur les marchés asiatiques et moyen-orientaux intervient alors que la production d'arabica amorce un rebond technique encourageant. Avec 1 260 tonnes récoltées lors de la dernière campagne (un bond de 758 tonnes en un an) la variété la plus noble du café camerounais montre des signes de vitalité, bien qu'elle reste le parent pauvre du robusta, lequel domine largement le volume national avec 10 377 tonnes. La Turquie s'est imposée comme le fer de lance de cette diversification, captant avec ses deux partenaires majeurs 88,1 % des exportations de ce segment premium. Pour les producteurs de l'Ouest, cette demande structurée venant de pays à forte culture caféière comme le Japon ou la Turquie représente une bouffée d'oxygène, offrant des perspectives de prix d'achat plus rémunérateurs que les circuits classiques.
Toutefois, cette euphorie commerciale ne saurait masquer une réalité structurelle plus sombre. La filière caféière camerounaise, autrefois fleuron de l'économie avec 130 000 tonnes dans les années 1990, n'est plus que l'ombre d'elle-même, affichant aujourd'hui moins d'un dixième de ses performances historiques. Malgré les ambitions du plan de relance de 2014 qui visait les 35 000 tonnes d'arabica, le pays reste piégé par un désintérêt des planteurs et une volatilité climatique qui découragent les nouvelles plantations. Le basculement des zones de production du robusta vers l'Est et l'Adamaoua montre une certaine résilience, mais le déficit de production globale demeure un défi majeur pour l'interprofession (CICC) qui peine à ramener les jeunes vers cette culture exigeante.
En se positionnant sur des marchés de niche à haute valeur ajoutée comme Taïwan ou le Japon, le Cameroun mise sur le "boutique coffee" pour compenser la faiblesse de ses volumes. Le défi pour les prochains mois sera de transformer ces nouvelles relations commerciales en contrats de long terme, capables de garantir aux caféiculteurs des revenus stables. La conquête de l'Asie et du Moyen-Orient n'est qu'une première étape : pour que l'arabica camerounais retrouve sa gloire d'antan, il devra transformer ce succès d'estime en un véritable moteur de relance agricole, capable d'inciter les producteurs à reprendre le chemin des caféières avec la certitude que leur labeur sera payé au prix du luxe mondial.
Ndjomo Carlos
Floyd Miles
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