Afrique : Les investissements étrangers dégringolent de 38 % en 2025
Dernière mise à jours il y'a 10 heuresLe dernier rapport « Global Investment Trends Monitor » de l’organisme ONU Commerce et Développement dessine une géographie du capital en pleine mutation, où l'Afrique semble temporairement perdre de sa superbe.
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Avec seulement 59 milliards de dollars captés au cours de l'année écoulée, les flux d'investissements directs étrangers (IDE) ont subi une cure d'austérité forcée, s'effondrant de 38 % par rapport à l'exercice précédent. Ce reflux massif ne traduit pas seulement une prudence accrue des investisseurs, mais révèle une fracture profonde entre les économies développées, qui voient leurs flux bondir de 43 %, et un monde en développement qui lutte pour retenir l'attention des marchés. Pour l'Afrique, le défi de 2026 est désormais clair : inverser cette tendance au détournement des capitaux vers l'Europe et les centres financiers pour ne pas voir ses grands projets d'infrastructures s'enliser dans une pénurie de financement international.
Cette décrue continentale cache cependant des réalités contrastées selon les latitudes. L'Afrique du Nord a été l'épicentre du séisme statistique, voyant ses entrées de capitaux fondre de 67 % pour s'établir à 17 milliards de dollars. Ce plongeon spectaculaire s'explique paradoxalement par le succès hors norme de 2024, porté par le projet pharaonique de Ras El-Hekma en Égypte, dont l'effet de base avait artificiellement gonflé les chiffres. À l'inverse, l'Afrique subsaharienne fait preuve d'une résilience relative, n'accusant qu'un léger repli de 6 % avec 42 milliards de dollars mobilisés. Cette stabilité précaire au sud du Sahara démontre que, malgré les turbulences globales, les secteurs extractifs et les nouvelles technologies continuent de constituer des ancrages solides pour les investisseurs internationaux, même si le volume global reste largement insuffisant face aux besoins de développement.
Le paradoxe de l'année 2025 réside dans la vitalité retrouvée des places financières occidentales au détriment des pays à faible revenu. Alors que l'Union européenne a vu ses IDE s'envoler de 56 %, boostée par des acquisitions transfrontalières majeures en Allemagne et en France, les trois quarts des pays les moins avancés ont vu leurs flux stagner ou reculer. Cette concentration du capital dans les zones jugées "sûres" fragilise directement les investissements dans les infrastructures et les énergies renouvelables sur le continent africain, où le retrait des investisseurs internationaux n'est que partiellement compensé par les acteurs domestiques. La CNUCED tire la sonnette d'alarme jugeant que ce déplacement des financements creuse un fossé infrastructurel que les budgets publics nationaux ne pourront comblé seuls à court terme.
Si ONU Commerce et Développement anticipe une reprise modeste, le ciel des investissements reste obscurci par les tensions géopolitiques persistantes et une fragmentation économique qui pèse sur les décisions à long terme. La réévaluation des risques dans le secteur des énergies vertes et les incertitudes réglementaires freinent encore de nombreux projets structurants. Pour les gouvernements africains, l'année qui commence impose une refonte des stratégies d'attractivité : il ne s'agit plus seulement de courtiser les capitaux, mais de sécuriser les cadres juridiques et opérationnels pour offrir une alternative crédible à l'aspiration des fonds par les centres financiers mondiaux. Le combat pour le financement du futur africain vient de franchir une étape décisive.
Bernardo
Floyd Miles
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