Marchés financiers : Le Cameroun boucle avec succès un Eurobond de 420 milliards de FCFA
Dernière mise à jours il y'a 10 heuresYaoundé a franchi le Rubicon des marchés de capitaux avec une réussite qui force le respect autant qu'elle interroge sur les équilibres budgétaires. Pour sa première grande sortie de l'année, le pays a levé 750 millions de dollars (soit environ 420,3 milliards de FCFA).
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Mais cette confiance des investisseurs a un prix, et il est à deux chiffres. En acceptant un rendement de 10,12 %, le Trésor public camerounais ne se contente pas de remplir ses coffres ; il signe un pacte de croissance sous haute tension, prouvant que la signature "Cameroun" reste attractive, à condition de payer le prix fort de la stabilité dans un environnement régional en pleine recomposition.
Cette levée de fonds s’inscrit dans une stratégie méticuleusement orchestrée depuis le décret présidentiel du 21 janvier 2026. En autorisant le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, à mobiliser jusqu'à 1 000 milliards de FCFA auprès de créanciers internationaux, le chef de l'État a donné le coup d'envoi d'une offensive financière nécessaire pour soutenir les grands chantiers de l'émergence. L'opération du jour constitue ainsi le premier jalon d'un programme d'emprunt global de 1 650 milliards de FCFA. Si le montant de 750 millions de dollars répond aux besoins immédiats de trésorerie, il confirme surtout que le Cameroun a choisi de ne pas attendre une hypothétique détente des taux mondiaux pour sécuriser ses financements, privilégiant la disponibilité immédiate du capital sur le coût à long terme.
Toutefois, le rendement de 10,12 % place le Cameroun dans une catégorie à part sur l'échiquier des émetteurs africains. Là où des voisins comme la Côte d'Ivoire ou le Bénin parviennent à négocier des conditions plus souples, Yaoundé semble payer une "prime électorale" non négligeable. Pour les analystes de la place, ce taux à deux chiffres reflète une gestion rigoureuse de la rareté : le gouvernement préfère verrouiller ses ressources dès le premier mois de l'année plutôt que de s'exposer aux turbulences prévisibles du second semestre 2026. Cette maturité de cinq ans offre une bouffée d'oxygène à court terme, permettant d'adresser les engagements souverains sans peser immédiatement sur le service de la dette à très longue échéance.
Le succès de cet Eurobond, bien qu'encore suspendu à une confirmation officielle détaillée des autorités, envoie un signal puissant aux agences de notation. Malgré les tensions inflationnistes et les défis infrastructurels, la résilience économique du pays est perçue comme un gage de solvabilité suffisant pour attirer des capitaux spéculatifs et institutionnels. L'enjeu pour le reste de l'exercice 2026 sera de transformer ces 420 milliards de FCFA en leviers de croissance concrets, capables de générer des revenus supérieurs au coût de l'emprunt. La finance internationale a ouvert son carnet de chèques ; il appartient désormais à Yaoundé de prouver que ce pari à 10 % est celui d'une souveraineté assumée et non d'une fuite en avant.
Bernardo
Floyd Miles
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