Exploitation minière : Les États africains reprennent la main
Dernière mise à jours il y'a 7 heuresPendant longtemps, le sous-sol africain a été perçu comme une « boîte noire » dont seules les multinationales possédaient la clé. Aujourd'hui, un vent de souveraineté souffle sur le continent : du Botswana au Cameroun les États investissent désormais leurs propres ressources pour cartographier leur territoire. L'objectif est de réduire le risque pour les investisseurs, valoriser le patrimoine national et ne plus brader des gisements dont on ignore la teneur réelle.
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L'Afrique est un géant géologique qui s'ignore encore en partie. Si le continent héberge 30 % des réserves mondiales de minéraux critiques indispensables à la transition énergétique, il n'a attiré que 10 % des dépenses mondiales d'exploration en 2024. À titre d'exemple, le Botswana, premier producteur mondial de diamants en valeur, n'a exploré que 30 % de son territoire. Cette sous-exploration s'explique par le coût prohibitif et le risque élevé d'échec des premières étapes de prospection, des facteurs qui découragent souvent les compagnies privées de s'engager sans garanties préalables.
Pour inverser cette tendance, plusieurs nations ont décidé de prendre l'initiative en devenant les propres architectes de leur connaissance géologique. Le Botswana vient ainsi d'annoncer la création d'une société d'exploration publique. En pleine crise du diamant, Gaborone utilise cet outil pour prouver au monde son potentiel en cuivre et en nickel, accélérant ainsi la diversification de ses revenus.
De son côté, le Nigeria déploie une stratégie agressive pour sortir de sa dépendance historique au pétrole. En multipliant les partenariats stratégiques, notamment avec l'Africa Finance Corporation et la France, Abuja s'attèle à cartographier un sous-sol dont les réserves sont estimées à 700 milliards de dollars. En Afrique de l'Est, le Kenya a franchi une étape technologique majeure avec une campagne géophysique aéroportée nationale. Cette initiative a déjà permis d'identifier 970 occurrences minérales à travers 15 comtés, portant l'ambition nationale de hisser la contribution des mines au PIB de 1 % à 10 % d'ici 2030.
Investir dans l'exploration permet aux États de briser l'asymétrie d'information qui les désavantageait lors des signatures de contrats. Comme l'a souligné la ministre botswanaise des Mines, Bogolo Joy Kenewendo, disposer de données précises évite de « perdre beaucoup d'argent » en explorant à l'aveugle. Un État qui connaît la valeur réelle de son sous-sol ne négocie plus une simple « licence d'espoir », mais présente un projet documenté, augmentant ses chances d'attirer des investisseurs sérieux pour une exploitation durable.
Toutefois, la maîtrise technique de la donnée ne suffit pas. Pour transformer ces indices minéraux en exploitations productives, les États doivent coupler ce savoir à une stabilité réglementaire et fiscale. La bataille mondiale pour les minéraux critiques est lancée, et les nations africaines qui sauront marier un potentiel géologique documenté à un cadre légal transparent seront les grandes gagnantes de la transition énergétique mondiale.
BCN
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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