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Dette : La stabilité macroéconomique de l'Afrique sous la menace du calendrier 2026

Dernière mise à jours il y'a 10 heures

90 milliards de dollars: c’est le montant que l’Afrique doit rembourser au cours de l’année 2026. Ce montant est le résultat d'une décennie d'endettement massif en devises étrangères qui arrive aujourd'hui à maturité.

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 Selon les dernières analyses de S&P Global Ratings, la pression est désormais trois fois supérieure à celle de 2012. Entre l'érosion des réserves de change et des taux de refinancement qui s'envolent, l'Égypte, le Nigeria et l'Angola se retrouvent en première ligne d'un test de survie macroéconomique où la moindre fausse note pourrait déclencher une onde de choc systémique.

Au cœur de cette tourmente, l'Égypte apparaît comme le maillon le plus exposé, concentrant à elle seule près de 27 milliards de dollars de principal à honorer cette année. Le Caire, malgré des réformes audacieuses, doit naviguer entre la gestion de ses certificats d'épargne à haut rendement (atteignant 23 à 27 %) et la nécessité de réduire son ratio dette/PIB vers l'objectif de 81 % d'ici juin 2026. Le Nigeria et l'Afrique du Sud ne sont pas en reste, faisant face à des maturités serrées dans un contexte où les recettes publiques, souvent trop concentrées sur les matières premières, peinent à offrir un coussin de sécurité suffisant. Cette vulnérabilité structurelle, marquée par des bases fiscales étroites, transforme chaque échéance en un défi de souveraineté.

Pourtant, des signaux contrastés émergent de cette grisaille financière. Si la note moyenne des souverains africains a retrouvé son plus haut niveau depuis fin 2020, S&P tempère cet optimisme en parlant d'une simple stabilisation plutôt que d'une guérison. Pour contourner ce mur, plusieurs États déploient des stratégies de gestion de passif sophistiquées. Le rachat anticipé de titres et l'allongement des maturités sont devenus les nouveaux outils de prédilection des gestionnaires de la dette à Brazzaville ou à Dakar. Ces manoeuvres visent à lisser les pics de remboursement, même si elles obligent parfois à accepter des rendements à deux chiffres sur les marchés internationaux, un prix élevé pour éviter le spectre du défaut de paiement.

L'année 2026 s'annonce donc comme celle de la vérité pour l'ingénierie financière africaine. Avec une croissance continentale projetée à 4,5 %, le potentiel de résilience est réel, mais il reste suspendu à la discipline budgétaire et à l'évolution des taux mondiaux. La capacité des pays africains à franchir ce mur de 90 milliards de dollars sans sacrifier leurs investissements sociaux déterminera la trajectoire de la décennie.


Bernardo

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