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Inondations : 116 millions d'africains sous la menace directe des eaux océaniques d'ici 2030

Dernière mise à jours il y'a 10 heures

Les conclusions de l’étude « Accelerating sea level rise in Africa », publiées fin 2025, résonnent comme un verdict implacable pour les zones côtières. En trente ans, la vitesse d'élévation du niveau marin au large de l'Afrique a quadruplé, passant d'un timide 0,96 mm par an dans les années 1990 à un rythme fulgurant de 4,34 mm par an sur la dernière décennie

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Alors que l'Afrique ne pèse que 4 % dans les émissions mondiales de CO2, ses façades maritimes reçoivent de plein fouet l'eau issue de la fonte des calottes glaciaires, transformant des mégapoles comme Lagos ou Alexandrie en citadelles de sable face à une marée qui, d'ici 2030, pourrait bouleverser l'existence de 117 millions de personnes.

L'analyse altimétrique satellitaire menée sur trois décennies révèle une anomalie africaine singulière. Contrairement à la moyenne mondiale où l'expansion thermique de l'eau (due à sa chaleur) et l'apport de nouvelles masses d'eau contribuent à parts égales, l'élévation autour du continent est causée à 80 % par un apport supplémentaire d'eau. Les instruments flottants déployés pour mesurer la température et la salinité confirment que l'océanographie locale, notamment les remontées d'eau froide, maintient certaines surfaces fraîches, limitant la dilatation. Cependant, la redistribution gravitationnelle des eaux de fonte des glaciers terrestres sature les courants africains. Le courant de Guinée et la mer Rouge subissent ainsi les hausses les plus violentes, tandis que la Méditerranée, plus dense et salée, résiste encore partiellement à cette poussée.

Le péril ne réside pas seulement dans la hauteur de la vague, mais dans la fragilité des sols qui la reçoivent. À Lagos, l'affaissement du terrain combine ses effets à la montée des eaux, menaçant de doubler la fréquence des inondations chroniques dès le milieu du siècle. Pour les 250 millions de personnes dépendantes des écosystèmes littoraux, les conséquences sont déjà systémiques : intrusion saline contaminant les réserves d'eau douce, érosion brutale des infrastructures portuaires et effondrement de la biodiversité côtière. Cette planification urbaine souvent inadéquate, couplée à une concentration humaine record, crée une cascade de risques qui dépasse les capacités d'intervention des budgets nationaux actuels.

Le franchissement de ce seuil critique impose une refonte de la diplomatie climatique. Les stratégies d'adaptation locales, fondées sur des prévisions désormais obsolètes, s'avèrent insuffisantes face à un rythme de 4,3 mm par an. L'exigence d'un financement international massif et d'un transfert de technologies n'est plus une revendication militante, mais une nécessité de survie économique. Le coût de l'inaction, chiffré en milliards de dollars de pertes d'infrastructures et en déplacements forcés de populations, exige que les investissements dans les systèmes d'alerte précoce et l'ingénierie de résilience deviennent la priorité absolue des agendas de développement du continent d'ici la fin de l'année.


BCN

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