Croissance économique en Afrique : Le FMI alerte!
Dernière mise à jours il y'a 3 moisLa montée du protectionnisme et la réorganisation des blocs économiques mondiaux pèsent lourdement sur la trajectoire de croissance de l'Afrique. Selon des simulations macroéconomiques du Fonds Monétaire International (FMI), la fragmentation géoéconomique mondiale pourrait amputer le Produit Intérieur Brut (PIB) de l'Afrique subsaharienne de 0,2 à 0,4 point de pourcentage d'ici 2027. Cette prévision, qui alerte sur les coûts d'une économie mondiale polarisée, fait suite à une baisse notable des échanges commerciaux du continent.
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En 2023, le commerce total de marchandises de l'Afrique avait déjà subi une contraction d'environ 6 %. Cette chute est attribuée aux perturbations des chaînes d'approvisionnement et à l'intensification des mesures protectionnistes à l'échelle internationale. L'impact de cette situation pourrait s'aggraver, notamment avec l'annonce de nouvelles surtaxes tarifaires par l'administration américaine en avril 2025. Ces barrières commerciales réduisent directement les recettes d'exportation africaines et augmentent le coût des intrants essentiels, touchant en premier lieu les pays qui dépendent fortement de l'importation de matières premières. Cette vulnérabilité est décuplée par les chocs externes. Le FMI souligne que la récente flambée des prix alimentaires a plongé des dizaines de pays à faible revenu dans de graves crises alimentaires. Dans un scénario pessimiste combinant conflits et perturbations commerciales, la trajectoire du PIB du Sahel pourrait même dévier de près de 20 %.
Le secteur financier n'est pas épargné. En 2023, les investissements directs étrangers (IDE) en Afrique ont chuté pour atteindre environ 53 milliards de dollars USD, soit une baisse de 3 % par rapport à l'année précédente. Cette diminution est due à une raréfaction des investissements dans les industries extractives et à une perception accrue du risque sur le continent.
Par conséquent, de nombreux pays africains sont désormais classés comme « spéculatifs » par les agences de notation. Ce classement a pour effet immédiat de renvoyer à la hausse les coûts d'emprunt internationaux, intensifiant les pressions budgétaires. L'exemple de la dégradation de la note de crédit du Ghana illustre ce mécanisme qui freine l'investissement productif. Face à cette instabilité, plusieurs multinationales réorientent leurs chaînes de valeur vers des nations jugées politiquement plus sûres, détournant ainsi des IDE et des technologies essentiels à la diversification économique africaine.
Malgré ce tableau sombre, une lueur d'espoir émane des dynamiques internes : le commerce intra-africain a progressé de 7,2 %, s'établissant à 192 milliards de dollars USD, soit 15 % du total des échanges du continent. Cette croissance témoigne de la résilience des échanges régionaux, notamment grâce à la mise en œuvre progressive de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Toutefois, cette part demeure modeste comparée à d'autres blocs commerciaux internationaux (où elle avoisine 25 %). La ZLECAf représente donc un potentiel inexploité majeur pour l'intégration économique et la protection des économies africaines contre les chocs du commerce international.
BCN
Floyd Miles
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