Intrants agricoles : Les importations en baisse en 2024
Dernière mise à jours il y'a 3 moisL'analyse des échanges commerciaux du Cameroun en 2024 révèle une évolution favorable concernant les intrants agricoles. Les dernières données de l’Institut national de la statistique (INS) indiquent un allègement de la facture d’importation des engrais, une bonne nouvelle pour la trésorerie nationale et la balance commerciale.
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En 2024, le Cameroun a importé 225 334 tonnes d’engrais, soit une baisse légère de 1,3 % par rapport aux 228 326 tonnes importées l'année précédente. C'est en valeur que le recul est le plus significatif : la dépense a chuté de 70,9 milliards de FCFA à 62,27 milliards de FCFA, représentant une diminution de 12,2 %. Cette divergence entre le volume et la valeur suggère fortement une normalisation des prix mondiaux, après la forte volatilité observée sur le marché international au cours des années précédentes. Cet allègement est d'une importance capitale pour les filières clés du pays (comme le coton, le maïs, le riz ou le cacao) dont la productivité et les revenus des producteurs dépendent directement de l'accessibilité de ces fertilisants.
L'importation de ces intrants agricoles demeure une source de dépendance extérieure. Les autorités reconnaissent que l’absence de production locale pèse sur l'économie et rend le secteur agricole vulnérable aux chocs internationaux. Pour débloquer cette situation, les pouvoirs publics ont lancé des actions pour favoriser l'autonomie en engrais, s'articulant autour de deux axes principaux. En effet, le ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt) prépare activement un projet d'unité nationale de production d'engrais chimiques. Le projet, dont le coût est estimé à 500 milliards de FCFA, est inscrit dans le Document de programmation budgétaire et économique à moyen terme (DPBEMT) 2026-2028. Actuellement, le Minmidt recherche des cabinets pour réaliser une étude technique et économique (Front-End-Engineering-Design, FEED), confirmant ainsi l'engagement à concrétiser ce partenariat public-privé.
Le secteur privé montre également son dynamisme. L’inauguration en mai 2025 d’une unité de production par Hydrochem Cameroun à Bonabéri, filiale du groupe Noutchogouin Jean Samuel (NJS), est un jalon notable. Avec une capacité initiale de 120 000 tonnes, extensible à 150 000 tonnes annuelles, cette usine est censée réduire potentiellement de moitié les importations nationales, actuellement estimées à près de 300 000 tonnes par an. La conjugaison de ces efforts (subventions ciblées, usine nationale en PPP et montée en puissance des capacités privées) est la voie privilégiée par le Cameroun pour amortir, à moyen terme, l'impact des fluctuations des marchés sur les prix et sécuriser la production agricole nationale.
Ndjomo Carlos
bernardo carlos ndjomo
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Floyd Miles
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