Crédit-Bail : Les marges bancaires se resserrent
Dernière mise à jours il y'a 1 moisL'année 2024 s'est avérée particulièrement difficile pour la rentabilité des établissements de crédit au Cameroun sur le segment du leasing ou crédit-bail. Ce mécanisme de financement, essentiel à l'acquisition d'équipements productifs par les entreprises, a vu ses marges s'effondrer de manière spectaculaire. La Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC) a souligné l'impact disproportionné du marché camerounais sur les résultats régionaux.
Lire aussi : Tchad : Les grandes lignes du budget 2026 dévoilées
Le rapport 2024 de la COBAC met en évidence une forte dégradation du bénéfice global tiré des opérations de crédit-bail au sein de la CEMAC (Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale). Les marges globales de la zone ont reculé de 47,6 %, pour s'établir à 10,2 milliards de FCFA (soit une diminution de 9,2 milliards de FCFA par rapport à l'année précédente). Cependant, l'essentiel de cette baisse est imputable au Cameroun. Les marges dégagées par les banques et institutions camerounaises sur ce produit ont plongé de 73,6 %. Les bénéfices cumulés des opérateurs de crédit-bail du pays sont ainsi passés de 17,5 milliards de FCFA en 2023 à seulement 4,6 milliards de FCFA en 2024.
Cette forte contraction signale une intensification de la concurrence sur le marché ou un ralentissement aigu de l'activité. Le crédit-bail (un financement qui permet à une entreprise d'utiliser un bien productif en échange de loyers, avec option d'achat en fin de contrat) est pourtant un levier de croissance reconnu, notamment pour les PME qui cherchent à moderniser leur outil de production sans affecter leur trésorerie initiale.
Malgré ces signaux d'alarme conjoncturels, les professionnels s'entendent sur le fait que le crédit-bail au Cameroun ne réalise qu'une infime partie de son potentiel. L'Association camerounaise du crédit-bail (Camlease) évalue que le marché pourrait atteindre 400 milliards de FCFA. Dans les faits, les volumes traités sont beaucoup plus modestes. L'Institut national de la statistique (INS) avait observé une progression entre 2009 et 2016 (passant de 45 à 125 milliards de FCFA), et les données récentes (période 2018–2021) confirment un volume cumulé de 134 milliards de FCFA. Ces chiffres, bien qu'indicatifs d'un développement constant, restent éloignés des estimations théoriques de potentiel. La chute spectaculaire des marges en 2024 pose la question de l'équilibre : comment les établissements financiers peuvent-ils à la fois répondre à la demande et aux besoins du financement productif (en baissant les taux pour être compétitifs) tout en assurant une rentabilité suffisante pour pérenniser l'activité ? La baisse de régime observée au Cameroun est un indicateur qu'une révision du modèle économique de ce segment pourrait être nécessaire.
Ndjomo Carlos
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Articles similaires
Floyd Miles
Actually, now that I try out the links on my message, above, none of them take me to the secure site. Only my shortcut on my desktop, which I created years ago.