CEMAC : MoneyGram suspend les transferts de fonds
Dernière mise à jours il y'a 4 moisLe secteur des services financiers en Afrique centrale fait face à un revers avec la décision de MoneyGram de suspendre ses transferts d’argent entre les pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Cette décision, qui touche à la fluidité des transactions financières, met en évidence les défis qui subsistent pour une véritable intégration régionale.
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La suspension, dont la date exacte n'est pas précisée, concerne exclusivement les transferts de fonds d'un pays de la CEMAC vers un autre. Les services de réception de fonds provenant de l'extérieur de la zone, comme l'Europe ou l'Amérique, ne sont pas touchés. Cette mesure est un coup dur pour les particuliers et les entreprises qui dépendent de ces services pour leurs transactions intra-régionales.
Cette suspension pourrait être liée aux complexités opérationnelles et aux contraintes réglementaires rencontrées par les opérateurs de transfert de fonds en Afrique centrale. Malgré l'existence d'une monnaie unique et de la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) comme régulateur, les obstacles liés à la conformité, à la lutte contre le blanchiment d'argent et aux politiques de gestion des devises peuvent créer des tensions avec les politiques internes des entreprises.
Le préjudice financier de cette suspension est substantiel, et il touche plusieurs acteurs. Pour MoneyGram, une entreprise qui a généré un chiffre d'affaires d'environ 1,34 milliard de dollars en 2023, la perte des revenus liés aux commissions sur les transferts intra-régionaux est directe. Bien que la zone CEMAC ne représente qu'une partie de ses revenus globaux, cette suspension est une perte de parts de marché et de rentabilité dans une région stratégique en pleine croissance.
Pour le secteur bancaire de la sous-région, qui agit comme agent de MoneyGram, les conséquences sont majeures. Cette suspension se traduit par une perte de revenus et de clients. Plus fondamentalement, elle soulève des questions sur la fiabilité du système financier régional et met en évidence la dépendance des banques locales vis-à-vis des partenariats avec des acteurs internationaux. Cela pourrait pousser les banques à développer leurs propres solutions de transfert de fonds pour garantir une autonomie et une fluidité pour leurs clients.
La situation actuelle souligne le défi permanent de l'intégration financière en Afrique centrale. L'absence d'une solution robuste et unifiée pour les transactions intra-régionales rend les économies locales vulnérables aux décisions des entreprises étrangères. Pour l’avenir, la modernisation du cadre réglementaire de la BEAC est un élément déterminant. Il est essentiel que les autorités régionales travaillent avec les acteurs du secteur pour créer un environnement qui favorise la fluidité des transactions tout en garantissant la sécurité des opérations. La résolution de ce problème est un pas décisif pour le développement du commerce et des services financiers en CEMAC.
BERNARDO CARLOS NDJOMO
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
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Floyd Miles
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