Transport Aérien : L'Afrique à la peine
Dernière mise à jours il y'a 1 moisAlors que la planète s'apprête à entamer une nouvelle phase de croissance dans le secteur aérien, l'Afrique fait figure d'exception, peinant à suivre le rythme mondial. L'Association du Transport Aérien International (IATA), lors de son « Global Media Day 2025 », a confirmé que le continent africain, qui ne représente qu'une part modeste (seulement 2 % du trafic global), devrait demeurer la région la moins profitable de l'industrie en 2026.
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Les prévisions de l'IATA pour l'année 2026 révèlent un écart de performance saisissant. La rentabilité attendue pour les transporteurs africains ne devrait s'établir qu'à 1,3 USD de bénéfice net par passager, une légère dégradation par rapport aux 1,4 USD enregistrés en 2025. Cette performance est très éloignée de la moyenne globale de 7,9 USD et se situe aux antipodes des rendements observés au Moyen-Orient (28,6 USD), en Europe (10,9 USD) et en Amérique du Nord (9,8 USD). Ce fossé est révélateur des contraintes structurelles profondément ancrées dans le secteur africain. Ces freins incluent des coûts d'exploitation élevés, une pression fiscale importante, le manque persistant d'infrastructures aéroportuaires adéquates et une fragmentation du marché qui nuit à la libre circulation des vols. En conséquence, l'industrie africaine présente des marges faibles et une faible capacité de résilience, malgré une croissance du trafic qui se maintient au-dessus de la moyenne mondiale.
À l'échelle internationale, la tendance est à la consolidation post-pandémie. Les projections pour 2026 tablent sur une augmentation des bénéfices nets du secteur, passant de 39,5 milliards USD en 2025 à 41 milliards USD en 2026. Les recettes globales devraient dépasser les 1 053 milliards USD, soulignant une croissance de 4,5 % de l'activité. Cette dynamique est alimentée par une croissance rapide du PIB mondial qui soutient la demande. Le taux de remplissage des vols devrait atteindre le niveau record de 83,8 %. Néanmoins, l'IATA identifie des risques majeurs : les perturbations de la chaîne d’approvisionnement aéronautique continuent de restreindre l'offre, et les contraintes réglementaires (notamment de l’Union européenne), les limites infrastructurelles et les tensions géopolitiques font peser des incertitudes sur les perspectives.
Malgré ces difficultés, l'Afrique dispose de leviers de croissance. Le secteur du fret aérien enregistre la plus forte hausse mondiale sur le continent, avec un volume en hausse de 16,6 % en octobre 2025 par rapport à l'année précédente. À moyen terme, le potentiel d'accélération repose sur l'évolution démographique, l'urbanisation croissante et le développement de hubs régionaux (tels que ceux d'Éthiopie, du Maroc, du Rwanda et de Côte d’Ivoire). Ces facteurs sont susceptibles de dynamiser le trafic intra-africain. L'élément le plus transformateur reste la pleine application du Marché Unique du Transport Aérien Africain (MUTAA). En créant un espace aérien unifié, ce mécanisme devrait drastiquement réduire les coûts d'exploitation et stimuler l'interconnexion. En conclusion, si la progression globale de l'industrie aérienne est assurée, l'Afrique est invitée à intensifier ses réformes réglementaires et structurelles pour pouvoir pleinement capitaliser sur ce rebond et ne pas s'isoler des flux mondiaux.
BCN
Floyd Miles
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