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Transition énergétique : Le continent à court de financement

Dernière mise à jours il y'a 2 mois

L'Afrique subsaharienne, région abritant environ 16 % de la population mondiale, peine toujours à capter les capitaux nécessaires à son développement énergétique. Selon le récent rapport de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), intitulé « Global landscape of energy transition finance 2025 » et publié en novembre, la région n'a capté que 2,3 % des investissements mondiaux dans les énergies renouvelables en 2024.

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Ce pourcentage révèle un écart significatif entre les flux financiers et les besoins réels d'un continent où près de 590 millions d’habitants n’ont toujours pas accès à l'électricité. L'étude d'IRENA souligne que les investissements dans les énergies propres en Afrique subsaharienne ont progressé, passant d’une moyenne annuelle de 14 milliards USD entre 2022 et 2023 à 18 milliards USD en 2024. Cependant, cette hausse s'inscrit en contraste avec la dynamique mondiale. Les investissements à l'échelle planétaire ont atteint 807 milliards USD en 2024, soit une augmentation de 22 % par rapport à la moyenne des années précédentes. La zone subsaharienne reste ainsi en marge de cette dynamique, ce qui compromet sa capacité à réaliser sa propre transition énergétique.

Malgré un potentiel solaire, éolien et hydraulique considérable, plusieurs facteurs expliquent ce manque de mobilisation de capitaux. Les taux d'intérêt élevés et la perception du risque freinent les investisseurs privés. Le coût du capital est souvent plus élevé en Afrique que dans les marchés développés. La faiblesse ou l'absence de réseaux de distribution robustes et de transport de l'énergie découragent les investissements dans les grands projets de production. La situation financière délicate de certaines compagnies d'électricité publiques nuit à leur capacité de garantir les contrats d'achat d'énergie à long terme.

Les pays d’Afrique subsaharienne ont affiché des ambitions claires dans leurs contributions nationales, prévoyant d'installer au moins 120 GW de capacités renouvelables supplémentaires d’ici 2035. Toutefois, 61 % de cet objectif dépend directement de financements externes, de transferts de technologies et du renforcement des compétences locales. Les besoins spécifiques pour les technologies nécessaires sont estimés à 129 milliards USD, dont 77 milliards devraient impérativement provenir de la coopération internationale. Alors que le solaire photovoltaïque est la seule technologie dont les investissements mondiaux se rapprochent des besoins identifiés pour atteindre l’objectif de 1,5 °C (grâce notamment à la baisse des coûts), l'IRENA insiste sur la nécessité pour l'Afrique de renforcer sa voix. À l'approche de la COP30 au Brésil, la région doit s’unir pour défendre ses intérêts et sécuriser des financements à long terme, essentiels pour concrétiser ses objectifs énergétiques.

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bernardo carlos ndjomo
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