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Trafic Aérien : Une Croissance record à l'horizon 2026

Dernière mise à jours il y'a 1 mois

L'industrie aéronautique mondiale s'apprête à connaître une période d'embellie sans précédent. L'Association internationale de Transport aérien (IATA) a dévoilé des projections extrêmement optimistes pour l'année 2026, confirmant la sortie définitive des turbulences des années précédentes. Lors du Global Media Day à Genève, le 9 décembre 2025, le Directeur général de l’IATA, Willy Walsh, a présenté un rapport qui témoigne de la résilience du secteur et de sa capacité à générer de la valeur malgré un contexte économique complexe.

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Le scénario économique pour le transport aérien en 2026 est marqué par des chiffres de rentabilité impressionnants. Les compagnies aériennes sont projetées pour atteindre des bénéfices nets cumulés de 41 milliards de dollars (soit l'équivalent de plus de 23 000 milliards de FCFA), traduisant une marge nette de 3,9 % à l'échelle mondiale. Cette forte performance est d'autant plus significative qu'elle est réalisée en dépit de "vents contraires" persistants, notamment les surcoûts induits par la congestion des chaînes d'approvisionnement globales. Ces résultats sont le fruit d'une demande de voyages soutenue, dépassant largement les niveaux pré-pandémiques et d'une gestion opérationnelle assainie au sein de nombreuses compagnies.

Contrairement à la tendance mondiale, l'analyse des perspectives pour l'Afrique révèle une réalité plus nuancée. L'IATA souligne que, bien que l'augmentation du trafic aérien soit supérieure à la moyenne mondiale sur le continent, les transporteurs y opèrent avec une faible résilience et des marges très minces. Willy Walsh a insisté sur les principaux facteurs structurels qui limitent la pleine expression du potentiel africain. Premièrement, le faible Produit Intérieur Brut par habitant sur une grande partie du continent réduit les dépenses non essentielles. Par conséquent, le voyage aérien demeure un produit très sensible aux fluctuations de prix. Deuxièmement, l'expansion de la demande est freinée par des barrières réglementaires et fiscales, notamment les restrictions en matière de visas, la persistance d'ententes bilatérales restrictives et, surtout, des droits de passager particulièrement élevés. Enfin, les compagnies africaines subissent les coûts unitaires d’exploitation les plus élevés au monde, avoisinant le double de la moyenne mondiale, en raison de surcoûts opérationnels importants.


Le rapport pointe du doigt les éléments spécifiques qui alourdissent drastiquement les dépenses des transporteurs sur le marché africain. En matière de logistique, on note des coûts de carburant élevés et un manque d'intégration des marchés, qui entraînent une fragmentation coûteuse. À cela s'ajoutent les problèmes de flotte, la vétusté des appareils générant des dépenses de maintenance supérieures. Enfin, un facteur majeur est la fiscalité : le taux d'imposition des sociétés, qui s'élève en moyenne à 28 %, est le plus élevé de toutes les régions examinées par l'IATA.

à moins que ces contraintes de coûts et ces freins réglementaires ne soient résolus, l'industrie aérienne africaine restera confinée à des marges de profit limitées, ce qui entrave sa capacité à investir, à moderniser ses flottes et à répondre pleinement à la croissance naturelle du trafic.


BCN

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bernardo carlos ndjomo
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