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Souveraineté économique : le Cameroun à l'épreuve du marché financier

Dernière mise à jours il y'a 46 minutes

Nul ne peut observer les soubresauts de l'architecture financière camerounaise sans mesurer l'exigence absolue qui pèse sur la gestion de notre dette souveraine. Au 31 juillet 2026, l'encours des valeurs du Trésor émises par le Cameroun sur le marché de la BEAC s'établissait à 2 061 milliards de FCFA, marquant une progression de 4,1 % sur un an.

Ce ralentissement de la croissance du stock de titres, après les bonds spectaculaires des exercices précédents, ne relève pas d'un hasard conjoncturel. Il traduit la décélération nécessaire d'une course à l'emprunt, dans un contexte sous-régional où notre pays se positionne au troisième rang derrière le Gabon et le Congo, absorbant près d'un cinquième des titres en circulation dans la zone Cemac.


Subir la pression des taux d'intérêt sans interroger la structure de nos remboursements et la ventilation des échéances serait une faute stratégique majeure. Si les coûts moyens des obligations et des bons du Trésor affichent un repli à saluer sur un an (ramenant l'OTA à 7,36 %), ils demeurent infiniment plus élevés que les standards des années fastes de la décennie précédente, où l'argent s'avérait nettement moins onéreux. La prédominance des obligations, qui pèsent plus des deux tiers de l'encours du Cameroun, couplée à un ancrage national fort où 83% des titres sont détenus sur place par des investisseurs et des spécialistes en valeurs du Trésor, prouve que l'État cherche à gager sa signature sur la durée. Mais elle rappelle aussi que le marché domestique porte l'essentiel du fardeau de notre trésorerie, frôlant parfois la saturation des capacités de placement locales.


Penser que le recours continu au marché monétaire de la BEAC ou aux guichets de la BVMAC, constitue une solution infinie sans contrepartie productive est une illusion politique dangereuse. Chaque levée de fonds additionnelle alourdit le service de la dette et comprime d'autant les marges budgétaires indispensables pour financer les infrastructures de base et soutenir l'industrialisation. Le volume des capitaux mobilisés doit impérativement trouver sa rentabilité dans la création de richesses réelles et l'amplification de l'import-substitution, et non dans le simple refinancement de dettes antérieures destinées à boucher les trous de la trésorerie courante.


Éviter le piège de l'asphyxie financière exige de la puissance publique une rigueur implacable dans l'allocation des ressources levées et une discipline de décaissement irréprochable. Il convient désormais d'allonger les maturités tout en comprimant le coût de l'emprunt par la crédibilité des réformes structurelles. Pour préserver sa souveraineté économique, le Cameroun doit transformer ces instruments d'appel de capitaux en de véritables leviers d'investissements productifs durables, garantissant ainsi que chaque milliard emprunté devienne le socle d'une prospérité autonome, digne et souveraine.



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Bonne lecture!


EWC, DP

bernardo2
bernardo carlos ndjomo
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