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Sécurité alimentaire : Chute vertigineuse de production de la viande

Dernière mise à jours il y'a 2 mois

La production totale de viandes en 2025, qui s'élève à 172 910 tonnes, atteste d'une défaillance généralisée. Toutefois, la filière bovine, première source d'approvisionnement, est le principal facteur explicatif de cette crise. Le cheptel bovin n'a pu fournir que 68 902 tonnes sur l'année, soit une perte sèche de 25 398 tonnes par rapport à son niveau de 2024 (94 300 tonnes).

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Cette contraction affecte l'ensemble de la chaîne alimentaire, malgré les contributions des autres segments. La viande de volaille enregistre 38 914 tonnes  contre 27 914 tonnes pour la viande porcine,  21 249 tonnes pour la viande caprine et 15 931 tonnes pour la viande ovine. Ce déficit quantitatif exerce une pression inflationniste sur les marchés intérieurs et augmente inéluctablement la dépendance du pays aux importations pour satisfaire les besoins de consommation urbaine.

D'une part, la pression climatique devient implacable. La dégradation accélérée des pâturages naturels conjuguée au tarissement des points d'abreuvement réduit la capacité de charge des terres. Ces difficultés environnementales compromettent la santé des animaux et réduisent la productivité. D'autre part, l'instabilité sécuritaire récurrente due au vol de bétail et aux conflits entrave toute tentative de développement. Ces risques dissuadent les éleveurs d'investir dans la reconstitution des cheptels, conduisant à une gestion de survie plutôt qu'à une logique d'expansion. Ces facteurs combinés limitent les capacités des filières à répondre efficacement à la demande nationale.

Face à cette régression, le gouvernement et le secteur privé s'unissent pour amorcer une remontée de la filière en conjuguant investissements matériels et techniques. L'accent est mis sur l'amélioration génétique comme solution de fond. L'État finance la construction du Centre national de production de la semence animale à Wakwa, visant à distribuer annuellement plus de 500 000 doses de semences bovines et 300 embryons. Ce dispositif est conçu pour élever la productivité des troupeaux. Un investissement de 128 milliards de FCFA, porté par l'interprofession Cibovic en partenariat avec le groupe Tace, est mobilisé. Ce fonds financera notamment l'établissement d'infrastructures de marché modernes à Douala et Édéa. Surtout, le plan prévoit l'introduction de 100 000 vaches destinées à l'insémination dans les localités septentrionales, un geste décisif pour la reconstitution physique et génétique des cheptels les plus touchés. Cette offensive multisectorielle vise à inverser la tendance négative, à stabiliser l'offre en viande et à doter la filière élevage camerounaise d'une résilience à long terme face aux défis climatiques et sécuritaires.

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bernardo carlos ndjomo
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