Actu Eco » Politiques Publiques

Marbre et clinker : La taxe à l'exportation passe à 10 % en 2026

Dernière mise à jours il y'a 2 mois

Le nouveau régime fiscal, proposé pour être effectif dès 2026, met fin au taux de 2 % qui s'appliquait à ces deux matériaux depuis 2020.

Lire aussi : Imprimerie Nationale ; Vers une dynamique d'efficacité et de rentabilité

 Le relèvement à 10 % du prélèvement sur la valeur sortie usine vise à atteindre deux objectifs concomitants : d'abord, consolider les recettes du Trésor public ; ensuite, et surtout, établir un mécanisme financier dissuasif pour les opérateurs qui privilégient l'exportation des matières premières au détriment de leur transformation locale.  Cette mesure positionne le marbre et le clinker au même niveau de taxation que d'autres produits d'extraction, soulignant leur importance dans l'économie. L'effet recherché est d'obliger les entreprises à investir dans les unités de découpe, de polissage et de production, créant ainsi des emplois et de la richesse sur place.

L'urgence d'une telle mesure est justifiée par les chiffres de la dépendance camerounaise. La filière cimentière, consommatrice principale de clinker, repose majoritairement sur les importations. Les données de l'Institut national de la statistique (INS) pour 2023 indiquent que le pays a dû importer plus de 2,4 millions de tonnes de clinker, ce qui représente une sortie de devises d'environ 87,7 milliards de F CFA. Cette dépendance alimente l'inflation des coûts de production du ciment et détériore la balance commerciale. La taxation de l'exportation du clinker brut est donc une mesure de protection des producteurs nationaux, visant à sécuriser l'approvisionnement local et à stabiliser les prix des matériaux de construction.

Le durcissement de la fiscalité est articulé avec une politique volontariste d'autosuffisance qui a déjà porté ses fruits en 2025. L'État soutient activement l'investissement dans la production interne. En juin 2025, l'inauguration de la première usine locale de clinker à Figuil (Région du Nord), menée par Cimencam (investissement d'environ 50 milliards de F CFA), a marqué un tournant. L'usine a une capacité de 1 000 tonnes de clinker par jour, ce qui lui confère un rôle de premier plan dans la stratégie de substitution. Parallèlement, le marbre est encouragé comme substitut technique. L'innovation industrielle, notamment chez les cimentiers, utilise de la poudre de marbre pour remplacer une partie du clinker importé dans les formulations de ciment. La taxation des blocs de marbre brut à l'exportation vient donc soutenir cette valorisation interne du minerai, reliant ainsi les deux matières premières dans un objectif commun d'autonomie pour le secteur de la construction.


En pénalisant l'exportation des matières premières non transformées, le gouvernement consolide l'émergence d'une chaîne de valeur locale et s'attaque directement aux facteurs de surcoût dans le secteur du BTP.

bernardo2
bernardo carlos ndjomo
81 0

Commentaire(s) du post

Nous sommes ravis que vous souhaitiez laisser un commentaire sur notre site. Pour nous aider à maintenir un environnement respectueux et constructif, nous vous invitons à fournir votre nom, prénom et adresse e-mail. Cela permettra également de créer une communauté engagée et authentique. Nous apprécions votre contribution et nous avons hâte de lire votre commentaire. Merci d'avance!

Africa First Club

Inscrivez vous à notre Newsletter

© Africa First Club. All Rights Reserved. Design by Brice eyebe