Actu Eco » Politiques Publiques

Riz : 9 milliards de FCFA pour redynamiser la filière

Dernière mise à jours il y'a 1 mois

Le gouvernement camerounais active de nouveaux leviers financiers pour tenter de desserrer l'étau des importations céréalières. Lors d'un bilan sur la sécurité nutritionnelle présenté à la mi-décembre 2025, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural a acté le déblocage d'une dotation de 9 milliards de FCFA. Ce financement est destiné à revitaliser les deux géants de la filière : la Semry, basée à Yagoua, et l’Unvda, qui opère dans la zone de Ndop. Cette injection de capitaux vise spécifiquement à doper les récoltes pour l’année 2026, avec une cible de production supplémentaire fixée à 30 000 tonnes.

Lire aussi : Aide au développement : Une nouvelle ère pour le crédit concessionnel

L'initiative ne se limite pas à une aide ponctuelle, mais s'inscrit dans la profondeur de la politique d'import-substitution. Il s'agit d'un virage nécessaire pour transformer le potentiel agricole en une réalité industrielle capable de nourrir la nation.

Pour transformer ces investissements en résultats concrets, l'État mise sur une modernisation radicale des processus de production. Les fonds alloués permettront d'équiper les exploitations de moissonneuses-batteuses et de tracteurs de dernière génération, tout en optimisant les techniques de labour. Au-delà du matériel, une partie de l'enveloppe servira à constituer un volant de trésorerie pour le rachat systématique du paddy aux agriculteurs, sécurisant ainsi leurs revenus et limitant les pertes dans la chaîne d'approvisionnement. Cette montée en puissance technologique est le socle sur lequel repose l’ambition de tripler les volumes nationaux à court terme. Le Document de programmation économique 2025-2027 prévoit en effet une progression spectaculaire, passant de 140 710 tonnes à un objectif de 460 000 tonnes d’ici deux ans.

Malgré ce déploiement de moyens, l'équilibre entre l'offre et la demande reste précaire. La consommation de riz au Cameroun croît à un rythme soutenu, dépassant largement les 570 000 tonnes annuelles. Même si le pays parvient à réaliser ses objectifs de production les plus optimistes, les analystes prévoient un déficit structurel d'au moins 110 000 tonnes en 2027. Ce décalage contraint le pays à maintenir des flux d'importation massifs pour éviter des pénuries sur les marchés urbains. L'objectif de souveraineté alimentaire, chiffré à 750 000 tonnes pour 2030 avec un budget global de 385 milliards de FCFA, demeure donc une course de fond où chaque tonne produite localement est une victoire contre l'insécurité alimentaire.

Le contexte de cette annonce est marqué par une vulnérabilité sociale accrue en cette fin d'année 2025. Près de 11 % de la population, soit environ 3,12 millions de personnes, traversent actuellement une crise alimentaire aiguë. Les zones rurales et les populations sous pression sont les premières victimes de la volatilité des prix des céréales importées. En renforçant la Semry et l'Unvda, l'État cherche donc à créer un bouclier protecteur. La réussite de ce plan pour 2026 est déterminante : elle conditionne non seulement la stabilité des prix du riz sur les étals, mais aussi la capacité du Cameroun à protéger les couches les plus fragiles de sa population contre les chocs alimentaires mondiaux.


Ndjomo Carlos

bernardo2
bernardo carlos ndjomo
78 0

Commentaire(s) du post

Nous sommes ravis que vous souhaitiez laisser un commentaire sur notre site. Pour nous aider à maintenir un environnement respectueux et constructif, nous vous invitons à fournir votre nom, prénom et adresse e-mail. Cela permettra également de créer une communauté engagée et authentique. Nous apprécions votre contribution et nous avons hâte de lire votre commentaire. Merci d'avance!

Africa First Club

Inscrivez vous à notre Newsletter

© Africa First Club. All Rights Reserved. Design by Brice eyebe