Aide au développement : Une nouvelle ère pour le crédit concessionnel
Dernière mise à jours il y'a 1 moisLe 16 décembre 2025, la Banque africaine de développement (BAD) a clôturé à Londres sa conférence de reconstitution des ressources, parvenant à sécuriser une enveloppe de 11 milliards de dollars. Si ce résultat marque une progression par rapport à la mobilisation de 2022, il s'inscrit toutefois dans un contexte de forte tension budgétaire, restant bien en deçà de l'ambition initiale de 25 milliards de dollars. Ce décalage s'explique principalement par le retrait stratégique des États-Unis, obligeant l'institution à repenser son architecture de financement.
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La grande surprise de ce cycle de financement réside dans la mobilisation interne du continent. Pour pallier le vide laissé par Washington (qui assurait traditionnellement environ 7 % des ressources du fonds) une coalition de 19 nations africaines a pris ses responsabilités. Des pays comme la Côte d'Ivoire, le Kenya et la Zambie ont effectué leurs premiers versements en tant que donateurs, symbolisant une volonté de prise en main du destin financier régional. Au total, ces États ont injecté plus de 182 millions de dollars. Sidi Ould Tah, le président de la BAD, a salué la résilience des partenaires qui ont privilégié « l'ambition plutôt que le repli » dans un environnement financier mondial pourtant asphyxié par l'inflation et la remontée des taux. Cette dynamique a été consolidée par des acteurs institutionnels majeurs tels que le Fonds de l’OPEP, dont l'apport s'élève à 2 milliards de dollars, et la BADEA avec 800 millions de dollars.
Le Fonds africain de développement (FAD) demeure l'instrument le plus efficace pour soutenir les 37 économies les plus vulnérables du continent. Contrairement aux mécanismes de marché classiques, ce guichet octroie des crédits à des taux proches de zéro, avec des périodes de grâce et des maturités pouvant excéder les 20 ans. Cette souplesse est vitale : sans elle, ces États seraient poussés vers des emprunts domestiques coûteux, provoquant une éviction du secteur privé et une déstabilisation des banques locales. Sur une trajectoire de plus de cinq décennies, le FAD a injecté environ 45 milliards de dollars dans des infrastructures essentielles qui soutiennent l'économie réelle. Ce déploiement de capital s'est concrétisé par l'extension des réseaux électriques dans l'arrière-pays pour dynamiser le tissu industriel local, le perfectionnement des schémas d'irrigation pour fortifier l'autonomie alimentaire et la construction de routes pérennes facilitant le désenclavement des zones de production.
Conscient que la générosité des donateurs traditionnels s'érode, le groupe de la BAD a déjà amorcé une réforme profonde de son modèle économique. Pour les cycles à venir, l'institution prévoit de modifier sa charte afin d'autoriser le FAD à lever directement des fonds sur les marchés financiers internationaux, avec l'objectif de capter jusqu'à 5 milliards de dollars supplémentaires par période de trois ans. Cette mutation vers un modèle hybride, mêlant dons étatiques, partenariats avec des fondations philanthropiques et levées de fonds obligataires, semble être la seule voie pour maintenir un niveau de soutien adéquat. Le « nouveau souffle » du crédit concessionnel ne dépendra plus uniquement des humeurs politiques des puissances occidentales, mais de la capacité de l'Afrique à diversifier ses alliances et à optimiser son propre levier financier.
Bernardo
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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