Marché mondial : Les cours du riz en baisse en début 2026
Dernière mise à jours il y'a 1 moisL’équilibre du commerce céréalier international s’apprête à connaître des turbulences dès l’entame de l’année 2026. Contrairement au blé ou au maïs, le riz évolue sur un marché structurellement étroit, ce qui rend les cours extrêmement sensibles aux orientations politiques des nations dominantes.
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En cette fin d'année 2025, tous les indicateurs convergent vers une hégémonie indienne renforcée. Contrôlant environ 40 % des échanges planétaires, New Delhi s’apprête à inonder les circuits mondiaux, provoquant un choc tarifaire qui redéfinit brutalement les rapports de force entre exportateurs et nations dépendantes des importations. Le moteur de ce bouleversement réside dans une performance agricole exceptionnelle. Le gouvernement indien a officialisé, fin novembre 2025, des récoltes historiques atteignant 124,5 millions de tonnes pour le cycle 2024/2025. Cette abondance dépasse de 1,7 million de tonnes le bilan précédent, créant une saturation critique des entrepôts publics. Pour désengorger ses réserves, l’Inde peaufine l’activation de l’Open Market Sale Scheme (OMSS) prévue pour la mi-janvier 2026, un levier qui permet de libérer massivement des stocks sur le marché libre.
Cette stratégie, couplée à une roupie affaiblie, offre à l’Inde un avantage compétitif écrasant. Au 5 décembre 2025, la tonne de riz indien (5 % brisures) s’échangeait à 338 dollars, tandis que les offres vietnamiennes et thaïlandaises culminaient respectivement à 358 dollars et 379 dollars. Cette décote immédiate fige le marché, les acheteurs internationaux préférant attendre une baisse encore plus prononcée avant de s'engager.
Face à cette offensive tarifaire, Bangkok et Hanoï voient leurs parts de marché s’éroder rapidement. Le riz thaïlandais, traditionnellement positionné sur un segment plus onéreux, subit une pression sans précédent. Les analystes prévoient un ajustement forcé des prix en Thaïlande, qui pourraient s’effondrer autour de 340 dollars la tonne dès février 2026. Ce réalignement est une question de survie commerciale pour les fournisseurs d’Asie du Sud-Est qui doivent désormais sacrifier leurs marges pour rester attractifs. Cette guerre des prix modifie également la logistique mondiale. Les navires de gros tonnage délaissent progressivement les hubs traditionnels pour se concentrer sur les terminaux indiens, capables de fournir des volumes massifs à des tarifs défiant toute concurrence, transformant radicalement les flux de transport maritime dans la région.
L’Afrique, premier débouché pour la production asiatique, se retrouve au centre de cette équation complexe. Si la chute des cours mondiaux apparaît comme une opportunité pour freiner l’inflation alimentaire, la réalité locale est plus nuancée. En Afrique de l’Ouest, des stocks importants constitués au dernier semestre 2025 pourraient limiter la vigueur des nouvelles importations malgré l'attractivité des prix indiens. Le défi pour les mois à venir sera de naviguer entre l’aubaine des prix bas pour les consommateurs et la protection des riziculteurs locaux, dont les coûts de revient restent bien supérieurs aux tarifs agressifs pratiqués par le rouleau compresseur indien en ce début d’année 2026.
BCN
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
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Floyd Miles
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