Marchés financiers : 25 ans d'un bilan mitigé en Afrique
Dernière mise à jours il y'a 1 moisUn quart de siècle de dynamisme financier en Afrique révèle un paradoxe saisissant : malgré une expansion mathématique des places boursières, l'accès au capital reste le chemin de croix des entrepreneurs locaux.
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Une analyse approfondie publiée fin 2025 par l'OCDE souligne que les entreprises du continent ont capté 220 milliards de dollars de fonds propres en un quart de siècle. Ce volume, bien que significatif à l'échelle régionale, ne représente qu'une goutte d'eau dans l'océan de la finance mondiale, plafonnant à seulement 1 % des émissions globales de titres.
La progression des indices boursiers africains entre 2000 et 2024 est vertigineuse, avec une capitalisation globale qui a bondi de 560 milliards de dollars. Toutefois, cette prospérité est loin d'être équitablement répartie. Le secteur financier africain est marqué par une centralisation quasi monopolistique autour de trois hubs : l'Afrique du Sud, le Nigeria et l'Égypte. Ces nations contrôlent plus des quatre cinquièmes de la valeur boursière totale du continent. Pour le reste des États, les marchés demeurent étroits, peu liquides et grevés par des coûts transactionnels qui découragent les émetteurs de taille intermédiaire.
Le principal frein à l'épanouissement des entreprises privées réside dans la concurrence exercée par les États sur le marché de la dette. Entre 2010 et 2023, les banques commerciales ont massivement réorienté leurs portefeuilles vers les titres publics, augmentant leur exposition souveraine de près de 70 %. Les obligations d'État, perçues comme des actifs sans risque, assèchent les liquidités initialement destinées au financement des projets industriels. Cette tendance s'accompagne d'un déclin de la dette obligataire privée, tombée à 180 milliards de dollars en 2024, illustrant un repli du crédit bancaire classique au détriment de l'économie réelle.
Le rapport de l'OCDE met également en lumière la faiblesse des investisseurs institutionnels nationaux. Les compagnies d'assurance et les fonds de pension, qui devraient constituer le socle du financement à long terme, restent sous-dimensionnés. Le taux de pénétration des services d'assurance en Afrique est deux fois inférieur à la moyenne mondiale, tandis que les actifs des caisses de retraite plafonnent à 23 % du PIB. En l'absence d'une base d'investisseurs locaux solides, les bourses africaines demeurent excessivement dépendantes de la volatilité des capitaux étrangers et des devises internationales.
Pour sortir de cette impasse, une mutation technologique et réglementaire s'impose. L'intégration des bourses régionales, à travers des initiatives comme le projet de liaison des bourses africaines, est une piste majeure pour élargir le vivier d'investisseurs. Parallèlement, la transition numérique des plateformes de négociation pourrait drastiquement réduire les frais opérationnels. L'enjeu pour 2026 sera d'imposer des cadres de gouvernance plus transparents et de protéger davantage les petits porteurs pour restaurer la confiance, condition sine qua non pour que les TPME, piliers de 80 % de l'emploi continental, puissent enfin lever les fonds nécessaires à leur expansion.
Ndjomo Carlos
bernardo carlos ndjomo
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Sim tres
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Floyd Miles
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