Redevance forestière : Une bouffée d'oxygène pour les exploitants légaux
Dernière mise à jours il y'a 1 semainePar une circulaire signée le 31 décembre 2025, le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, a entériné une baisse de la Redevance Forestière Annuelle (RFA). Cette disposition octroie un abattement systématique de 25 % à l’ensemble des détenteurs de titres d’exploitation en règle, un taux qui grimpe à 35 % pour les opérateurs justifiant d'une certification de gestion durable. Cet arbitrage budgétaire vise à instaurer un cercle vertueux en récompensant les pratiques respectueuses de l’environnement tout en allégeant les charges des entreprises structurées.
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L'introduction de ce levier incitatif répond à l'urgence de freiner une exploitation clandestine dont le coût pour les finances publiques est devenu critique. Les données compilées par l'Agence nationale d'investigations financières (ANIF) révèlent que les prélèvements illicites et le non-respect des aires protégées génèrent un manque à gagner annuel avoisinant 33 milliards de FCFA. En réduisant la pression fiscale sur les exploitants légaux, le gouvernement espère décourager les circuits informels et stabiliser un secteur forestier miné par des méthodes de prélèvement dites « sauvages ».
L'enjeu de cette réforme réside également dans la lutte contre les fraudes déclaratives qui gangrènent les exportations, notamment vers les marchés asiatiques. Des enquêtes menées par des organisations spécialisées comme l'Environmental Investigation Agency (EIA) et le Centre pour l’environnement et le développement (CED) mettent en lumière des disparités comptables alarmantes. À titre d'exemple, les exportations de bois vers le Vietnam entre 2014 et 2017 ont accusé un déficit de déclaration estimé à plus de 170 milliards de FCFA, lié à une sous-évaluation systématique des volumes par rapport aux données enregistrées dans les ports de destination.
Cette mutation du cadre réglementaire intervient dans un contexte de réorientation des flux commerciaux de grumes tropicales. Le Vietnam, devenu le deuxième client du bois camerounais après la Chine, concentre une part importante des transactions clandestines souvent réglées en espèces pour échapper au fisc. En conditionnant la remise fiscale maximale de 35 % à l'obtention de labels de durabilité, les autorités camerounaises ambitionnent de normaliser les échanges internationaux. L'objectif final consiste à substituer un modèle basé sur la quantité et l'opacité par une économie forestière certifiée, capable de garantir la pérennité de la ressource tout en sécurisant les revenus de l'État.
Bernardo
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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