Recettes Non Fiscales : 450 Milliards FCFA d'ici 2028
Dernière mise à jours il y'a 6 moisLe gouvernement Camerounais a officiellement fixé un objectif de mobilisation de 450 milliards de F CFA en recettes non fiscales d'ici 2028. Cette démarche représente une augmentation de 125% par rapport aux 200 milliards de FCFA collectés en 2024, marquant une volonté forte de réduire la dépendance aux recettes pétrolières et d'élargir l'assiette des revenus de l'État.
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Actuellement, la structure des recettes budgétaires du Cameroun demeure fortement concentrée. En 2024, sur un budget général de l'État d'un peu plus de 7 000 milliards de F CFA, les recettes fiscales (impôts, taxes, droits de douane) ont représenté environ 4 600 milliards de FCFA (soit 65,7% du budget). La pression fiscale du Cameroun s'élève à environ 15% du PIB, un niveau jugé faible par rapport à la moyenne de 18% en Afrique subsaharienne. Les recettes pétrolières, quant à elles, ont contribué à hauteur d'environ 700 milliards de F CFA (soit 10% du budget), rendant le pays vulnérable aux fluctuations des cours mondiaux du brut. Les recettes non fiscales, avec 200 milliards de F CFA, ne représentaient que 2,8% du budget total, un potentiel largement sous-exploité.
Les recettes non fiscales regroupent un large éventail de revenus perçus par l'État en dehors des prélèvements obligatoires traditionnels. Leur optimisation est un levier majeur pour renforcer l'autonomie budgétaire. Le Cameroun est riche en ressources minières (fer, bauxite, cobalt, nickel) et forestières. Les redevances actuelles générées par ces secteurs sont jugées très faibles par rapport au potentiel. Par exemple, l'exploitation forestière légale a rapporté moins de 30 milliards de F CFA en redevances annuelles en 2023, sur une production de bois d'œuvre de plus de 2,5 millions de mètres cubes. La révision des conventions et une meilleure traçabilité pourraient doubler ou tripler ces revenus.
Les redevances liées au pétrole et au gaz (hors impôts spécifiques sur les bénéfices des compagnies) pourraient être optimisées. Le Cameroun produit environ 25 millions de barils de pétrole par an. L'État camerounais détient des participations majoritaires ou minoritaires dans plus de 100 entreprises publiques et parapubliques. Cependant, un grand nombre d'entre elles sont déficitaires ou ne reversent pas régulièrement des dividendes. En 2024, les dividendes effectivement versés au trésor public n'ont pas dépassé 50 milliards de F CFA. Des entreprises comme la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), la Société Nationale de Raffinage (SONARA), la Cameroon Telecommunications (CAMTEL), et des entités portuaires ou aéroportuaires, représentent un potentiel majeur en dividendes si leur gouvernance et leur rentabilité sont améliorées. Par exemple, si seulement 30% des 20 entreprises publiques les plus stratégiques devenaient rentables et reversaient un dividende de 5% de leur chiffre d'affaires, cela pourrait générer plus de 100 milliards de FCFA annuellement.
Bernardo Carlos NDJOMO
bernardo carlos ndjomo
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Floyd Miles
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