Recettes budgétaires 2025 : Rôle du pipeline Tchad-Cameroun.
Dernière mise à jours il y'a 2 moisLes états financiers de la Loi de Finances au 30 juin 2025 confirment la modération des recettes tirées du transit pétrolier. Le montant encaissé s'élève à 20,3 milliards de FCFA, soit un niveau d'exécution de seulement 25,8 % de l'objectif annuel fixé à 78,6 milliards de FCFA.
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Ce décalage est d'autant plus préoccupant que ces recettes n'ont progressé que d'un faible 2,5 % en glissement annuel par rapport au premier semestre 2024 (où elles atteignaient 19,8 milliards de FCFA).
Ce taux d'exécution, bien en deçà de la cible de 50 % attendue à mi-parcours, signifie que le pipeline ne remplit qu'approximativement un quart de son rôle budgétaire prévu pour l'année. Cette stagnation des rentrées financières soulève des questions quant à la capacité de l'infrastructure à générer des ressources conformément aux projections du Trésor public.
Le Cameroun perçoit actuellement 1,321 dollar pour chaque baril de brut transitant sur son territoire. Ce tarif, revu à la hausse à la demande de l'État en 2013, puis en 2018, est encadré par un mécanisme de révision quinquennale. Conformément à l'avenant signé en octobre 2013, cette redevance devrait être ajustée périodiquement en fonction du taux d'inflation moyen enregistré au Cameroun. Or, une nouvelle revalorisation était attendue depuis octobre 2023. À ce jour, aucune information n'a été communiquée sur l'application de cette clause d'indexation. L'absence de mise à jour du tarif, dans un contexte d'inflation régionale soutenue, entraîne une érosion de la valeur réelle des droits perçus. Le rendement est ainsi diminué non seulement par les volumes, mais également par une réglementation tarifaire qui n'a pas été actualisée.
L'avenir du rendement financier de l'oléoduc repose en partie sur sa capacité à attirer de nouveaux flux. Le projet d'exportation du brut du Niger via le PSTCC, bien que discuté depuis 2012, représente le principal catalyseur de croissance potentielle.
La concrétisation de l'acheminement du pétrole nigérien le long de ce couloir offrirait le surcroît de volume nécessaire pour transformer le pipeline d'un contributeur modeste en une source de financement bien plus substantielle. Ce potentiel d'accroissement des revenus est désormais conditionné à la fois par la clarification du cadre tarifaire existant et par l'avancement concret du projet d'intégration du brut du Niger. En somme, la consolidation des finances publiques du Cameroun en 2025 passe par l'activation de ces deux leviers : la renégociation transparente de la redevance et la monétisation du volume additionnel promis par la coopération régionale.
bernardo carlos ndjomo
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Floyd Miles
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