Finances publiques : Le Gabon sous discipline budgétaire
Dernière mise à jours il y'a 2 moisL'effort de compression budgétaire, qui s'élève à 975,1 milliards de FCFA, trouve sa source principale dans la révision des dépenses de capital.
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Les investissements ont fait l'objet d'une coupe significative, chutant de 36,2 %. L'enveloppe allouée à ce poste a été réduite de 1 202,3 milliards de FCFA, passant de 3 321,5 milliards de FCFA dans le projet initial à 2 119,2 milliards de FCFA dans le texte finalement voté. Cette diminution vertigineuse des fonds destinés aux infrastructures et aux nouveaux projets signale une volonté de désengagement rapide des engagements jugés non prioritaires ou surévalués.
Ce mouvement de rigueur sur le capital contraste toutefois avec la progression des dépenses de fonctionnement, lesquelles sont maintenues à 3 696,9 milliards de FCFA, affichant même une légère hausse de 3,6 %.
La discipline s'étend aux prévisions de recettes. Le Ministère des Finances a révisé à la baisse les ressources attendues, qui s'établissent désormais à 4 153,9 milliards de FCFA, soit une décote de 4 % par rapport au projet initial. Cette prudence s'explique par la nécessité d'intégrer l'incertitude du marché pétrolier international, dont la volatilité pourrait impacter les revenus de l'État. Il est important de noter que ce resserrement fait suite à des évaluations critiques externes. Des institutions d'évaluation comme Fitch Ratings avaient jugé le projet de loi de finances initial comme n'étant pas ancré dans la réalité économique. La révision parlementaire témoigne ainsi d'une adhésion aux critères d'orthodoxie requis par la communauté financière internationale pour la crédibilité des comptes publics.
Malgré l'ampleur des réductions, le montant final de la LFI 2026, soit 6 358,2 milliards de FCFA, reste un indicateur d'expansion par rapport à l'exercice précédent. Le budget révisé s'affiche tout de même en hausse de 51,2 % comparé à celui de 2025. Mieux encore, les autorités maintiennent l'objectif ambitieux d'un taux de croissance du PIB à 6,5 % en 2026. Ce chiffre, qui représente quasiment le double de la performance attendue pour la fin 2025, révèle que le Gabon parie sur le fait que la discipline budgétaire et la réorientation des dépenses sont les conditions nécessaires pour réaliser une expansion économique plus saine et plus durable.
bernardo carlos ndjomo
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Floyd Miles
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