RDC : Afriland First Group se désolidarise de sa filiale locale
Dernière mise à jours il y'a 10 heuresLa rupture entre le géant bancaire panafricain Afriland First Group et sa branche en République Démocratique du Congo (RDC) vient de franchir un nouveau palier de tension. Dans une mise au point publiée le 12 février 2026, la holding basée en Suisse a tenu à lever toute équivoque: elle ne contrôle plus Afriland First Bank CD et décline toute responsabilité dans la crise sociale qui paralyse actuellement certaines régions du pays, notamment le Nord-Ubangi.
L'affaire a pris une tournure sociale aiguë avec la « grève sèche » entamée le 6 février par le personnel de l'Hôpital Général de Référence de Gbadolite. Ce débrayage, qui a entraîné l'arrêt complet des soins dans cette structure vitale, est causé par le non-paiement des salaires et primes des fonctionnaires, dont les comptes sont gérés par l'agence locale d'Afriland First Bank CD. Face à la colère sociale, la holding Afriland First Group a réagi fermement, précisant qu'elle n'exerce « aucun contrôle opérationnel, managérial ou financier » sur l'entité de Kinshasa et qu'elle n'est donc pas impliquée dans ces défauts de paiement.
Pour comprendre ce désengagement, il faut remonter à juillet 2021. La holding affirme avoir été illégalement évincée du capital de sa filiale par l'État congolais et la Banque Centrale du Congo (BCC). Alors que le groupe revendique la détention de plus de 95 % des parts, il considère la mise sous administration provisoire de la banque en juin 2022 par la gouverneure Malangu Kabedi Mbuyi comme une « expropriation déguisée ».
Loin de se résigner, Afriland First Group a porté l'affaire sur le terrain judiciaire international. Une procédure d’arbitrage est actuellement en cours devant le Centre international pour le règlement des différends relatifs aux investissements (CIRDI), sous la référence Affaire No. ARB/23/38. Le groupe y réclame réparation pour le préjudice subi, tandis que les autorités congolaises justifiaient à l'époque leur intervention par un « risque systémique » et une menace de faillite imminente, ayant nécessité l'injection de 100 milliards de francs congolais pour stabiliser l'institution.
Ce bras de fer illustre la complexité du risque juridictionnel en RDC. Pour Afriland First Group, l'enjeu est double : obtenir une compensation financière pour la perte de ses actifs, mais aussi protéger la marque "Afriland" à l'échelle continentale en se désolidarisant des dysfonctionnements opérationnels de l'entité sous administration provisoire. En attendant le verdict du CIRDI, ce conflit laisse la filiale congolaise dans une zone de turbulences où les enjeux politiques semblent s'entremêler aux impératifs de régulation financière, avec pour premières victimes les clients et les agents publics dont les émoluments restent bloqués.
BCN
Floyd Miles
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