Produits congelés : La facture salée du Cameroun
Dernière mise à jours il y'a 3 moisLa facture des importations de poissons congelés reste une charge majeure pour l'économie camerounaise. En 2024, le pays a dépensé 167,3 milliards de FCFA pour approvisionner ses marchés en 207 092 tonnes de poissons. Bien que ces chiffres témoignent d'une légère baisse par rapport à l'année précédente (une contraction de 11,7 % en volume et de 8,3 % en valeur), ils confirment la dépendance structurelle du Cameroun pour satisfaire sa demande alimentaire en protéines halieutiques.
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Le marché du poisson congelé au Cameroun est dominé par un acteur prépondérant. L'opérateur Congelcam conserve une position centrale dans la chaîne d'approvisionnement, gérant près de 80 % des volumes importés. Le reste du marché est partagé entre des entreprises comme Cameroun Frais, Ets Zumi, et Green Sea, entre autres. Cette concentration soulève des questions sur la régulation et la résilience du marché face aux chocs d'approvisionnement.
Pour obtenir ces tonnages, le Cameroun a recours à une large palette de partenaires internationaux. Les fournisseurs sont principalement la Mauritanie, le Sénégal, l'Argentine, la Chine, le Vietnam, le Maroc et le Brésil, selon les données du Plan intégré d’import-substitution du secteur agropastoral et halieutique (Piisah 2024-2027). Cette diversification des sources vise à sécuriser l'arrivée des différentes espèces prisées par les consommateurs, parmi lesquelles les maquereaux dominent (représentant près de la moitié des volumes importés précédemment), suivis par les sardines, les bars, les capitaines et les tilapias.
La nécessité de débourser 167,3 milliards de FCFA souligne le déficit structurel entre la production locale et la demande nationale, estimée à environ 500 000 tonnes par an. Cette situation alourdit la balance commerciale et rend le consommateur vulnérable aux aléas des prix mondiaux. Face à ce constat, le gouvernement a affiché une ambition forte à travers le Piisah. Le Document de programmation économique et budgétaire 2025-2027 prévoit un accroissement important de la production halieutique, l'objectif étant de la faire passer de 225 000 tonnes en 2024 à 600 000 tonnes en 2027, soit une augmentation de 166,7 % en quatre ans.
Pour atteindre cet objectif audacieux, les autorités comptent sur plusieurs leviers notamment l'investissement dans la construction et la réhabilitation des infrastructures de pêche, le déploiement accéléré du Piisah pour réduire progressivement la dépendance aux importations et renforcer l'économie locale du secteur. Relevons que le développement de l'aquaculture est d'ailleurs identifié comme l'un des piliers pour augmenter durablement la production. C'est sur la réalisation de ce plan que repose l'espoir de voir cette facture d’importation se réduire significativement dans les années à venir, garantissant une meilleure sécurité alimentaire pour le Cameroun.
Ndjomo Carlos
bernardo carlos ndjomo
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Floyd Miles
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