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Pression fiscale : L'industrie du bois se réinvente

Dernière mise à jours il y'a 4 mois

Face à une politique fiscale sévère visant à favoriser l'industrialisation locale, les exportateurs camerounais de bois modifient leurs pratiques. Les acteurs de la filière forestière se recentrent désormais sur les sciages (bois de première transformation), une stratégie d’adaptation qui se traduit déjà dans les recettes d’exportation du premier trimestre 2025.

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Selon l’Institut national de la statistique (INS), le bois et ses ouvrages ont compté pour 3,9 % des recettes d’exportation globales du pays au T1 2025. Au sein de cette enveloppe, la part des sciages a atteint 2,8 %, reléguant le bois brut (grumes) et les placages à seulement 1,1 % de ces recettes, signe d'un désintérêt marqué pour les produits non transformés.

Cette réorientation est le résultat direct du durcissement important de la fiscalité sur les exportations de grumes, conformément à la volonté du gouvernement de créer de la valeur ajoutée sur place. Le droit de sortie sur les grumes a été revalorisé de manière spectaculaire entre 2017 et 2024, passant de 17,5 % à 75 % de la valeur FOB de l'essence. Cela représente une augmentation globale de plus de 350 % en sept ans, une mesure fiscale dissuasive qui rend l'exportation du bois brut largement non rentable. Bien que les sciages soient également surtaxés, le Groupement de la filière bois du Cameroun (GFBC) estime que l'augmentation de leur droit de sortie est moins prononcée (+165 % entre 2016 et 2023) que celle imposée aux grumes. L'objectif affiché par les autorités est décourager la vente de matière première et, en parallèle, encourager l'installation des unités de deuxième et de troisième transformation du bois.

Pour soutenir cette stratégie d’industrialisation, le gouvernement a mis en place des mesures incitatives, notamment d'importantes exonérations de droits de douane sur les équipements destinés à la transformation du bois, une politique active depuis au moins deux ans. De plus, deux zones industrielles dédiées à la transformation ont été octroyées aux opérateurs de la filière dans la région de l’Est. En s'inscrivant dans la vision régionale de la CEMAC qui prévoit l'interdiction totale de l'exportation des grumes à l'horizon 2028, le Cameroun se positionne pour devenir un pôle majeur de l'industrie du bois transformé dans le Bassin du Congo. Cette approche soutient à la fois l'économie et la gestion durable des ressources forestières.


Ndjomo Carlos

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