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Mauvaise qualité du réseau : L'ART élargit son spectre

Dernière mise à jours il y'a 4 mois

Face à une frustration persistante des consommateurs, l’Agence de Régulation des Télécommunications (ART) a décidé d’adopter une posture plus ferme et plus proactive.

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L’autorité régulatrice, souvent surnommée le « gendarme » des télécoms, ne se contente plus d'audits de routine, elle multiplie désormais les inspections techniques approfondies dans les dix régions du pays. Cette stratégie marque une détermination à contraindre les opérateurs à améliorer la qualité des services pour se conformer à leurs obligations.

La démarche de l'ART s'inscrit dans un contexte de mécontentement généralisé des usagers et de défaillances récurrentes des réseaux. La régulation par les sanctions a déjà été utilisée, sans produire les effets escomptés sur le long terme. En mai 2023, l’ART avait déjà infligé une amende colossale de 6 milliards de FCFA aux opérateurs MTN, Orange et Nexttel pour non-respect de leurs obligations. Plus récemment, en juillet 2025, une nouvelle sanction de 2,6 milliards de FCFA a été imposée à MTN et Orange, signe que les problèmes de qualité de service persistent.

Malgré ces pénalités, les investissements promis par les opérateurs pour améliorer leurs infrastructures ne semblent pas suffisants. En 2023, les principaux acteurs du secteur s'étaient engagés à investir 156 milliards de FCFA pour moderniser leurs réseaux. Cependant, la dégradation du service, notamment la chute de la couverture internet en 2024, suggère que ces efforts n'ont pas permis de corriger les problèmes structurels.

La situation est complexe. Les opérateurs pointent du doigt des facteurs exogènes et techniques tels que les coupures récurrentes de la fibre optique (dont Camtel est le principal gestionnaire), l'instabilité de l'approvisionnement en énergie et les actes de sabotage, qui ont causé plus de 1 000 cas de dommages sur le réseau de Camtel en 2024.

L'objectif de l'ART est de faire la part des choses et de s'assurer que les opérateurs honorent leurs engagements. En renforçant les inspections, l'agence entend vérifier si les investissements annoncés sont effectivement réalisés et s'ils se traduisent par une amélioration tangible pour les abonnés. L'ART cherche également à recouvrer une dette de 30 milliards de FCFA due par les opérateurs, ce qui pourrait financer des projets visant à consolider le réseau national de télécommunications.

En intensifiant sa supervision, l'ART se positionne comme un défenseur déterminé des droits des consommateurs. L'agence souhaite transformer le marché des télécommunications camerounais en un espace plus concurrentiel et plus fiable. Cette pression exercée sur les opérateurs, accompagnée de sanctions et de contrôles, a pour but de les forcer à réinvestir dans leurs infrastructures et à fournir un service à la hauteur des attentes. L'enjeu est de taille, car la qualité du service des télécommunications est fondamentale pour le développement de l'économie numérique du Cameroun.


BCN

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