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Marchés Publics : Le Bilan à demi teinte de la Sous-Traitance

Dernière mise à jours il y'a 6 mois

La Bourse de Sous-traitance et de Partenariat (BSTP) du Cameroun, créée avec l'ambition d'intégrer davantage les petites et moyennes entreprises (PME) locales aux marchés publics, affiche un bilan jugé mitigé.

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En treize ans d'existence, la BSTP n'a facilité que 430 contrats de sous-traitance pour un volume financier de 47 milliards de F CFA. Ce chiffre, bien que substantiel en valeur absolue pour les PME concernées, ne représente qu'à peine 1% de l'ensemble des marchés publics attribués sur la même période, soulignant un défi persistant pour l'économie locale.


Les marchés publics constituent un levier économique majeur au Cameroun. Pour l'exercice 2024, le budget d'investissement public, qui représente une part substantielle de ces marchés, s'élève à environ 1 600 milliards de FCFA. L'objectif initial de la BSTP, lancée en 2011, était de permettre aux PME, qui représentent plus de 90% du tissu économique camerounais et contribuent à environ 34% du PIB, de capter une part significative de ces opportunités. L'idée était de structurer l'offre de sous-traitance locale face à la demande des grandes entreprises nationales et internationales, souvent adjudicataires de macro-projets

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Les statistiques récentes de la BSTP, avec seulement 430 contrats en 13 ans, soit une moyenne d'environ 33 contrats par an, sont révélatrices d'une difficulté structurelle. Le montant total de 47 milliards de F CFA sur cette période est dérisoire face à l'enveloppe cumulée des marchés publics qui, sur la même période, excède très largement les 15 000 milliards de F CFA. Ce faible taux d'intégration des PME camerounaises dans la commande publique est une source de préoccupation pour les pouvoirs publics et le secteur privé. Plusieurs obstacles expliquent ce bilan en demi-teinte.


 En effet, de nombreuses PME locales n'ont pas une connaissance suffisante des opportunités de sous-traitance disponibles ou des procédures d'accès. La communication autour de la BSTP et des appels d'offres reste un défi. Les PME camerounaises peinent souvent à répondre aux exigences techniques, de qualité et de délais des grands donneurs d'ordre.  Le manque d'accès au financement bancaire (les PME ne reçoivent qu'une faible part du crédit bancaire global, souvent moins de 20%) est également un frein majeur pour obtenir les garanties nécessaires ou réaliser des investissements.


A cela s’ajoute la complexité des procédures de passation des marchés publics, les délais de paiement et le climat des affaires général (le Cameroun est classé 167e sur 190 dans le rapport Doing Business 2020 pour la facilité de faire des affaires) découragent de nombreuses PME.


BERNARDO Carlos NDJOMO

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