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Marché des titres : Les investisseurs prudents face aux bons du Cameroun

Dernière mise à jours il y'a 4 mois

Le Trésor public camerounais a éprouvé des difficultés à mobiliser des fonds sur le marché des titres de la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC) le 1er septembre 2025.

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Sur un objectif de 60 milliards de FCFA via l’émission de Bons du Trésor (BTA), le pays n’a pu lever que 33,2 milliards de FCFA, soit un taux de souscription faible. Cet événement témoigne d'une prudence grandissante des investisseurs, une tendance qui affecte de plus en plus les pays de la sous-région.

Le Cameroun a émis trois types de BTA, mais l'appétit du marché a été limité. La demande a été particulièrement faible pour le titre à plus longue échéance. En effet, pour les BTA à 52 semaines, sur une enveloppe de 20 milliards de FCFA recherchée, seulement 5,5 milliards de FCFA ont été levés, avec un taux d’intérêt moyen de 6,75 %. Les BTA à 13 semaines ont permis de lever 11 milliards de FCFA sur 15 milliards demandés, à un taux de 6,2 % et les BTA à 26 semaines ont mobilisé 16,7 milliards de FCFA sur 25 milliards demandés, avec un taux de 6,56 %.

Ces taux d'intérêt, qui se situent entre 6,2 et 6,75 %, sont significativement plus élevés que les taux de moins de 5 % proposés aux mêmes investisseurs par le Trésor camerounais il y a quelques années. Cela illustre un risque-pays accru perçu par le marché.


Selon les spécialistes, plusieurs facteurs expliquent cette réticence des investisseurs. L’un des principaux est l'augmentation des taux d'intérêt, causée par l’explosion de la demande de financement de la part des pays de la CEMAC sur le marché régional. Cette forte sollicitation a mis sous pression les intermédiaires du marché, comme les banques, qui doivent respecter des ratios de liquidité. La prudence des investisseurs est une réponse à cette saturation et à la nécessité de gérer le risque lié aux emprunts publics.

Le cas du Cameroun est révélateur de la situation généralisée dans la sous-région. Les pays de la CEMAC, qui sont devenus dépendants du marché des titres pour financer leur trésorerie, sont désormais confrontés à une demande limitée. Cette situation les oblige à payer des taux d'intérêt plus élevés pour attirer les investisseurs, ce qui alourdit le coût du service de la dette. Le défi majeur pour le Cameroun et ses voisins est de restaurer la confiance des investisseurs et d'offrir des conditions plus attractives pour leurs prochains emprunts, faute de quoi leurs plans de développement pourraient être compromis.


Bernardo Carlos NDJOMO

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