Investissements Privés : Un recul de 6% en 2024
Dernière mise à jours il y'a 6 moisCette baisse, révélée par les dernières analyses économiques, constitue un signal d'alarme pour les autorités camerounaises et met en lumière les défis persistants du climat des affaires dans le pays. La mobilisation du secteur privé est pourtant cruciale pour atteindre les objectifs ambitieux de la Stratégie Nationale de Développement (SND30), qui vise une croissance forte et inclusive.
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Le Cameroun a affiché un PIB nominal d'environ 45 milliards de dollars US en 2024, avec un taux de croissance économique estimé à 4,2% pour la même année. Traditionnellement, les investissements privés (nationaux et étrangers) représentent une part significative de la formation brute de capital fixe (FBCF) du pays, contribuant à environ 60% de cet agrégat d'investissement, le reste étant assuré par l'investissement public. En 2023, les investissements privés avaient montré une légère progression de 2%, après une période de stagnation. La baisse de 6% en 2024 inverse donc cette tendance positive et soulève des questions sur l'attractivité réelle du marché camerounais.
Malgré les réformes annoncées et le Code des Investissements de 2013 offrant des avantages substantiels (exonérations fiscales et douanières pouvant aller jusqu'à 10 ans), le Cameroun continue de faire face à des rigidités administratives. Son classement dans l'indice Doing Business de la Banque Mondiale reste un défi majeur, le pays se situant au-delà de la 160ème position sur 190 économies, en particulier sur des indicateurs comme l'obtention des permis de construire ou l'exécution des contrats.
Les opérateurs économiques locaux et étrangers expriment souvent des préoccupations concernant la complexité et l'évolution parfois imprévisible du système fiscal et réglementaire. La récente mise en place de nouveaux critères pour les avantages fiscaux, bien que stratégique pour l'emploi local et le "Made in Cameroun", a pu générer une période d'attentisme chez certains investisseurs potentiels. Le coût élevé de l'énergie électrique (malgré les efforts d'EDC, le prix moyen du kWh pour l'industrie reste compétitif mais les coupures persistent, coûtant aux entreprises plus de 5% de leur chiffre d'affaires en pertes de production), le financement (taux d'intérêt bancaires moyens autour de 8% à 12%), et la logistique (coûts de transport élevés de 20% à 30% plus chers que dans d'autres pays comparables de la sous-région) continuent de peser sur la rentabilité des projets.
La concurrence pour les IDE s'intensifie en Afrique, avec des pays voisins offrant des environnements d'affaires plus simplifiés. Par ailleurs, la persistance de poches d'insécurité dans certaines régions du pays (Extrême-Nord, Nord-Ouest et Sud-Ouest) peut impacter la perception du risque pays par les investisseurs internationaux.
Bernardo NDJOMO
bernardo carlos ndjomo
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Floyd Miles
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