Actu Eco » Politiques Publiques

Infrastructures routières : Paul Biya ordonne un plan d’urgence

Dernière mise à jours il y'a 2 semaine

Lors de son traditionnel message de fin d'année, le Chef de l'État, Paul Biya, a formellement instruit le gouvernement de déployer, dès ce premier trimestre 2026, un programme spécial de réhabilitation routière. Cette directive, qui intervient dans un contexte de forte pression sociale et économique, vise à inverser la courbe de dégradation des actifs routiers nationaux, dont l'obsolescence sur certains segments critiques entrave désormais la dynamique de croissance du pays.

Lire aussi : Grande Distribution : Casino cède sa filiale camerounaise

L’annonce présidentielle ne constitue pas une simple promesse de maintenance, mais bien une réponse politique à un goulot d’étranglement qui asphyxie les échanges commerciaux. En ciblant la réhabilitation lourde, l'exécutif reconnaît implicitement que le colmatage ponctuel des nids-de-poule ne suffit plus à garantir la pérennité du réseau. Le programme de 2026 se veut une rupture méthodologique : il s'agit de restaurer l'intégrité structurelle des chaussées sur les corridors d'exportation et les axes de liaison interurbains. Pour les opérateurs économiques, cette initiative est accueillie comme une bouffée d'oxygène, tant les coûts de maintenance des flottes de transport et les délais de livraison étaient devenus prohibitifs. La mise en œuvre de ce plan spécial est désormais entre les mains du ministère des Travaux Publics (MINTP). Ce dernier doit traduire la volonté présidentielle en un calendrier d'exécution serré. La priorité sera accordée aux tronçons où le niveau de service est tombé en dessous des seuils acceptables, provoquant des ruptures de charge et une insécurité croissante. L'enjeu est de taille : il s'agit de sécuriser les corridors Douala-Bangui et Douala-N'Djamena, véritables poumons économiques de la zone CEMAC, dont l'efficacité repose sur la qualité du bitume camerounais.

Le programme spécial de 2026 porte également en lui les germes d'une réforme de la commande publique dans le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP). Les instructions présidentielles insistent sur la qualité des ouvrages et le respect scrupuleux des délais. Trop souvent par le passé, des chantiers ont été ralentis par des lourdeurs administratives ou des défaillances techniques. Cette fois, l'accent est mis sur une sélection rigoureuse des prestataires, avec une préférence marquée pour les entreprises capables de justifier d'une solidité financière et d'une expertise technique avérée. Cette approche sélective vise à mettre fin au cycle de « réhabilitation-dégradation » qui grève le budget de l'État. En exigeant l'utilisation de matériaux conformes aux normes internationales et une surveillance accrue des bureaux d'études, le gouvernement entend garantir une durée de vie optimale aux nouvelles infrastructures. Cette rigueur budgétaire est d'autant plus nécessaire que les ressources publiques sont sollicitées sur plusieurs fronts. Le financement de ce plan spécial devra donc s'appuyer sur une mobilisation optimale du Fonds Routier et, éventuellement, sur des partenariats avec des bailleurs de fonds internationaux, tout en préservant la viabilité de la dette publique.

Au-delà des grands axes interrégionaux, le programme de 2026 accorde une place significative aux routes de desserte agricole. C'est ici que se joue la bataille de la souveraineté alimentaire et de la lutte contre l'inflation. En facilitant l'évacuation des produits des bassins de production vers les centres de consommation urbains, l'État s'attaque directement à la vie chère. La réhabilitation des pistes rurales et des routes secondaires permettra de réduire les pertes post-récolte, souvent causées par l'impraticabilité des voies en saison de pluies.


L'impact social de ce programme est tout aussi déterminant. En améliorant la connectivité des zones rurales, le gouvernement favorise l'accès des populations aux services sociaux de base, tels que la santé et l'éducation. Cette dimension humaine de l'infrastructure souligne que la route n'est pas seulement un vecteur de marchandises, mais aussi un outil d'unité nationale et d'intégration sociale. La fluidité des déplacements entre les dix régions du pays est le gage d'un territoire mieux administré et plus résilient face aux chocs extérieurs.

Enfin, le lancement de ce vaste chantier est une occasion pour les entreprises locales de construction de démontrer leur savoir-faire. Le programme spécial de réhabilitation est une véritable aubaine pour la création d'emplois, particulièrement pour la jeunesse diplômée des écoles d'ingénierie nationales. Le transfert de technologie et la montée en puissance des PME camerounaises dans le secteur du génie civil sont des objectifs corollaires essentiels. En favorisant le contenu local, l'État s'assure que les investissements publics irriguent l'économie réelle et renforcent les capacités productives du pays. l'année 2026 s'annonce comme celle d'un nouveau souffle pour le patrimoine routier du Cameroun. La réussite de ce programme spécial dépendra de la capacité de l'appareil gouvernemental à transformer les directives présidentielles en kilomètres de bitume conformes aux attentes. Pour le journalisme d'élite, le suivi de ces chantiers sera une priorité, afin d'informer avec précision sur l'avancement d'un projet qui conditionne, à bien des égards, l'avenir économique de la nation.


Bernardo

bernardo2
bernardo carlos ndjomo
35 0

Commentaire(s) du post

Nous sommes ravis que vous souhaitiez laisser un commentaire sur notre site. Pour nous aider à maintenir un environnement respectueux et constructif, nous vous invitons à fournir votre nom, prénom et adresse e-mail. Cela permettra également de créer une communauté engagée et authentique. Nous apprécions votre contribution et nous avons hâte de lire votre commentaire. Merci d'avance!

Africa First Club

Inscrivez vous à notre Newsletter

© Africa First Club. All Rights Reserved. Design by Brice eyebe