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Inflation en zone CEMAC : Une bonne dynamique

Dernière mise à jours il y'a 6 mois

La Communauté Économique et Monétaire de l'Afrique Centrale (CEMAC) a enregistré un repli modeste de son taux d'inflation global au premier trimestre 2025.

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Cette accalmie relative cache une divergence notable : le Cameroun, première économie de la sous-région, continue de tirer les prix vers le haut, posant un défi persistant pour la stabilité macroéconomique régionale et la politique monétaire de la Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC). La CEMAC, qui regroupe six pays, s'efforce de maintenir un critère de convergence en matière d'inflation à moins de 3%. Après une année 2024 marquée par des pressions inflationnistes soutenues, avec un taux moyen annuel de la zone atteignant 6,8% (contre 3,8% en 2023 et 2,3% en 2022), le premier trimestre 2025 a vu le taux d'inflation moyen en glissement annuel de la zone se stabiliser autour de 5,2%. Ce modeste repli est principalement attribuable à une meilleure maîtrise des prix des denrées alimentaires dans certains pays membres et à une légère baisse des prix du carburant sur le marché international, où le baril de Brent a chuté de 7% sur le trimestre.

Malgré cette tendance régionale à la décélération, les données officielles révèlent que le Cameroun a affiché un taux d'inflation de 7,8% au 1er trimestre 2025, bien au-dessus de la moyenne sous régionale et du seuil communautaire. Cette performance contraste avec d'autres pays de la CEMAC, comme le Gabon ou le Congo, qui ont vu leurs taux fléchir plus significativement, se rapprochant de l'objectif de convergence. La contribution du Cameroun à l'inflation totale de la CEMAC est estimée à plus de 45% en raison de son poids économique.

L'analyse des composantes de l'inflation au Cameroun au T1 2025 met en lumière plusieurs facteurs notamment les produits alimentaires.  Ce poste reste le principal moteur, contribuant à 4,5 points de pourcentage (pp) sur les 7,8% de l'inflation totale. Les prix des céréales (riz, maïs) ont augmenté de 15% en moyenne, et ceux des produits de la pêche de 9,5%, en partie à cause de contraintes d'approvisionnement et des coûts de transport. Le poste transport a vu ses prix augmenter de plus de 12%, contribuant à 1,2 pp à l'inflation globale. Cette hausse est liée aux coûts logistiques élevés, à la vétusté du réseau routier et aux goulets d'étranglement qui ralentissent la circulation des biens. La congestion à Douala, par exemple, peut entraîner des surcoûts de 20% sur le prix final des marchandises. Logement, eau, électricité, gaz : Cette composante a contribué à 0,8 pp à l'inflation, notamment en raison des ajustements tarifaires et des coûts de production de l'électricité.


Bernardo Carlos NDJOMO 

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