Guerre au Moyen-Orient : Quand les prix flambent...
Dernière mise à jours il y'a 2 heuresL'escalade des hostilités militaires au Moyen-Orient, marquée par des frappes ciblées contre des complexes de production, paralyse le goulot d'étranglement du détroit d’Ormuz. La restriction des flux à travers le chenal, par où transitent quotidiennement 38 % du pétrole brut mondial acheminé par voie maritime ainsi que 20 % du gaz naturel liquéfié (GNL) et des dérivés raffinés, a provoqué une surchauffe immédiate des cours.
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Le baril de référence Brent, négocié à près de 70 dollars à la fin du mois de février, a brisé la résistance technique des 100 dollars à la mi-mars, affichant une appréciation brute de 67 % depuis le déclenchement des hostilités. Parallèlement, le mégawattheure de gaz naturel sur le marché spot européen s'est envolé de 58 % pour s'établir à 55 euros. La paralysie menace également les industries de haute technologie et l'agriculture globale, la région concentrant les composants essentiels des engrais azotés et 40 % de l'hélium mondial, intrant irremplaçable pour la fonderie de semi-conducteurs.
Le choc pétrolier engendre des conséquences asymétriques et contrastées sur les balances des paiements des nations d'Afrique subsaharienne. Le gonflement des recettes d'exportation profite théoriquement aux pays producteurs de brut tels que l'Angola, le Gabon, le Congo, le Niger, le Nigeria et le Mozambique. Le gain budgétaire se trouve toutefois rogné par la dépendance structurelle de ces économies envers les importations de produits finis comme le super, le gasoil et le carburant de type aviation. Le scénario s'assombrit pour les nations exclusivement importatrices, singulièrement en Afrique de l'Est et australe, fortement tributaires des raffineries du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Des économies comme le Kenya, l'Éthiopie, la Tanzanie, l'Ouganda et l'Afrique du Sud se voient contraintes d'acheter plus de 50 % de leurs besoins en carburants de soute au Moyen-Orient, exposant leurs réserves de change à une érosion accélérée.
Les vecteurs de propagation de la crise vers le continent africain s'articulent autour de quatre canaux de transmission fondamentaux. Le premier vecteur, commercial, opère par le renchérissement direct des produits de base et la désorganisation des circuits d'échanges bilatéraux avec les pays du CCG, des flux commerciaux qui pesaient jusqu'ici plus de 120 milliards de dollars. Le deuxième vecteur touche les investissements directs étrangers et les placements de portefeuille, gelés par la montée des incertitudes géopolitiques. Le canal financier se traduit par une aversion globale au risque, déclenchant des fuites de capitaux spéculatifs, un durcissement des conditions de crédit intérieur et une dépréciation des devises locales face au dollar. Enfin, le canal de la main-d'œuvre signale un tarissement des transferts de fonds des travailleurs migrants de la diaspora africaine établis dans le Golfe, confrontés à la fragilisation de l'emploi dans les pays d'accueil.
Asaba
Floyd Miles
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