Gabon : La production d'Olam Palm perd du terrain
Dernière mise à jours il y'a 3 semaineRien ne semble enrayer la décrue opérationnelle qui frappe la filière oléagineuse gabonaise depuis la fin de l'année 2023. Selon les indicateurs de conjoncture publiés par les autorités monétaires et économiques en ce mois de décembre 2025, Olam Palm Gabon, véritable poumon de l'agro-industrie nationale, voit ses volumes s'effriter pour le troisième exercice consécutif. Entre chute des rendements agricoles et déboires environnementaux, le leader du secteur peine à maintenir son rythme de croisière.
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Le bilan d'activité pour les six premiers mois de l'année révèle une fragilité persistante sur l'ensemble de la chaîne de valeur. Les statistiques officielles indiquent que la collecte de régimes de palme bruts s'est contractée de 8,5 %, affichant à peine 302 475 tonnes contre plus de 315 000 tonnes à la même période en 2024. Cette baisse de régime de la matière première a eu un effet domino immédiat : l'extraction d'huile rouge a reculé de 8,1 % pour s'établir à 72 478 tonnes. Cependant, c’est le segment de l'huile de palmiste qui subit le choc le plus violent avec un effondrement de 68,4 %, une contreperformance qui déstabilise un créneau pourtant jugé solide il y a encore deux ans. Les experts du ministère de l’Économie imputent cette situation à une gestion complexe de la demande croissante, couplée à un approvisionnement erratique des usines de transformation.
Le déclin observé n'est pas uniquement le fruit d'une conjoncture défavorable ; il prend racine dans des problématiques de terrain devenues chroniques. Sur les 52 000 hectares que compte le patrimoine foncier de l'entreprise, le vieillissement des plantations commence à peser lourdement sur la productivité globale. À cela s'ajoute la perte sèche de centaines d'hectares de cultures, en partie due aux ravages causés par les éléphants sur les sites stratégiques de Mouila et d'Awala. L'instabilité sociale, marquée par des débrayages fréquents, a également grippé l'outil industriel. Sur le plan financier, la donne a radicalement changé : après l'euphorie de 2022 où la tonne d'huile frôlait les 1 600 dollars, Olam Palm doit désormais composer avec une volatilité accrue des cours mondiaux et un prix de marché qui stagne autour de 1 050 dollars, rognant ainsi les marges de l'exportateur.
Cette spirale négative constitue un signal d'alarme pour la stratégie de développement du Gabon. Alors que le gouvernement tablait sur une croissance de 11 % de la production de régimes en 2025, la réalité des chiffres d'Olam Palm — qui assure la quasi-totalité de l'offre nationale — rend cet objectif difficilement atteignable. Le pays comptait sur la montée en maturité de ses palmeraies pour consolider son autonomie alimentaire et réduire sa dépendance aux revenus pétroliers. Le défi pour 2026 sera de rééquilibrer le modèle de production. Entre la nécessité de moderniser les plantations vieillissantes et l'urgence de sécuriser les champs face aux intrusions de la faune sauvage, l'industriel se trouve à la croisée des chemins. Pour l'instant, cette perte de vitesse fragilise non seulement les ambitions agricoles de Libreville, mais aussi la position du Gabon comme futur pôle exportateur de graisses végétales en Afrique centrale.
Bernardo
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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