Finances publiques : Réajuste de l'aide aux entreprises publics et privés
Dernière mise à jours il y'a 2 moisLa politique de soutien de l'État camerounais aux acteurs économiques est en pleine mutation. Les données récentes de la Chambre des comptes pour l'exercice 2024 mettent en lumière une rationalisation budgétaire qui se traduit par une réduction totale de 9,4 milliards FCFA dans l'enveloppe de subventions allouées aux entreprises publiques et privées. Cette coupe s'inscrit dans une logique de discipline fiscale et d'exigence de performance accrue.
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L'examen des dotations révèle une tendance claire de resserrement de l'appui direct au secteur productif, traditionnellement bénéficiaire d'aides importantes. Les entreprises privées subissent la contraction la plus nette, avec une chute des subventions de 30 %, passant de 20,31 milliards FCFA en 2023 à 14,51 milliards FCFA en 2024, soit une diminution de 5,8 milliards FCFA. La dotations des entreprises publiques reculent de 20 %, s'établissant à 14,06 milliards FCFA en 2024, contre 17,68 milliards FCFA l'année précédente (une baisse de 3,62 milliards FCFA). Même les institutions financières voient leurs subventions diminuer de près de 24 %, passant de 511,75 millions de FCFA à 390 millions de FCFA.
Ce désengagement partiel s'explique par le fardeau financier que représentent certaines entités publiques. Un document officiel annexé à la loi de finances avait déjà révélé, en 2021, que les 44 entreprises publiques du pays avaient cumulé 224 milliards FCFA de pertes sur la seule période 2017-2019. L'injection récurrente de fonds dans des structures structurellement déficitaires a logiquement incité le gouvernement à revoir sa stratégie d'aide. Cette nouvelle orientation est confortée par une récente circulaire présidentielle relative à la préparation du budget 2025. Le texte insiste sur la nécessité d'un encadrement rigoureux des transferts en exigeant des ministères de tutelle une évaluation judicieuse des besoins réels de chaque établissement, et l'établissement d'un rapport annuel sur la situation financière des entreprises concernées. L'accent est mis sur la fin du soutien automatique au profit d'une allocation conditionnelle et traçable.
À rebours de la tendance générale, d'autres catégories de bénéficiaires voient leurs enveloppes augmenter de manière significative. Les dotations aux « autres bénéficiaires » progressent de 54,7 %, bondissant de 9,09 milliards FCFA à 14,06 milliards FCFA. Cette hausse de 4,97 milliards FCFA suggère une réaffectation des ressources vers des domaines jugés prioritaires par l'État – potentiellement des programmes sociaux, des projets d'investissement ciblés ou des organismes répondant à de nouvelles exigences réglementaires.
En substance, la politique de subventions de l'État camerounais est en pleine rationalisation. Loin d'être une simple coupe horizontale, la manœuvre est une tentative de transition d'une logique de perfusion généralisée vers un modèle d'allocation plus sélectif, visant à contraindre les entreprises subventionnées à améliorer leur efficacité opérationnelle et à limiter leur dépendance chronique au Trésor public.
bernardo carlos ndjomo
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Floyd Miles
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