Douala-Yaoundé-Brazzaville : Terre et air en concurrence
Dernière mise à jours il y'a 1 moisLes habitudes de déplacement en Afrique Centrale sont en pleine redéfinition. Le développement du transport par bus sur le corridor Douala–Yaoundé–Brazzaville a introduit une concurrence significative aux compagnies aériennes, offrant une solution beaucoup plus accessible. Cet essor est souligné par le lancement, le 11 décembre 2025, d'une nouvelle liaison internationale via un partenariat entre Touristique Express (Cameroun) et Océan du Nord (Congo), rejoignant d'autres transporteurs déjà positionnés sur cet axe.
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L'opportunité pour les transporteurs routiers de conquérir le marché congolais est directement liée à la finalisation du tronçon transfrontalier Sangmélima–Ouesso en 2021. D'une longueur totale de 633 km (321 km côté Cameroun et 312 km côté Congo), cette nouvelle route a été largement saluée comme le point de bascule du corridor Yaoundé–Brazzaville. Cette infrastructure d'intégration régionale, soutenue par des bailleurs de fonds de développement comme la Banque africaine de développement (BAD), la Banque islamique de développement (BID) et d'autres partenaires arabes, a nécessité des investissements de plus de 205 milliards FCFA pour sa partie camerounaise. Son opérationnalité confère au corridor un rôle central en tant qu'axe alternatif et permet de connecter la République Centrafricaine, le Cameroun et le Gabon à la route Brazzaville–Pointe-Noire. L'achèvement de cette section a transformé un projet de mobilité interrégionale en un marché commercial à part entière.
Le facteur déterminant de cette nouvelle concurrence intermodale est le prix. Avant l'amélioration de l'axe Sangmélima–Ouesso, l'avion était l'unique option fiable, avec des billets se situant à un coût prohibitif pour une majorité de la clientèle. Aujourd'hui, les compagnies de bus proposent des tarifs bien inférieurs : 70 000 FCFA au départ de Douala et 65 000 FCFA au départ de Yaoundé. Ces prix créent un puissant effet d'appel auprès de la clientèle transfrontalière (commerçants, étudiants, fonctionnaires) fortement sensible au coût total du voyage.
Malgré la durée de trajet plus longue (souvent étalée sur plus d'une journée), l'alternative routière permet aussi de transporter des volumes de marchandises et de bagages plus importants, un paramètre essentiel pour les petits opérateurs économiques transfrontaliers. L'impact est tel que certains voyageurs à destination de la RDC préfèrent désormais faire le trajet routier jusqu'à Brazzaville, puis traverser le fleuve Congo pour rejoindre Kinshasa, le coût global restant inférieur à celui d'un vol direct.
Pour fidéliser leur clientèle, les transporteurs routiers comme l'alliance Touristique Express/Océan du Nord misent sur une gestion coordonnée de la ligne, avec des départs réguliers (chaque lundi et jeudi depuis le Cameroun) et une prise en charge fluide à la frontière de Ntam. Face aux menaces d'arnaques en ligne, les compagnies ont fait de la sécurité des transactions une priorité commerciale. Elles exigent que l'achat des billets soit effectué exclusivement dans les agences physiques au Cameroun et au Congo. La pérennité de ces lignes nouvellement établies sera toutefois mise à l'épreuve par les défis structurels du transport routier dans la sous-région : la longueur des trajets, les contraintes logistiques en saison des pluies, les risques routiers et les contrôles fréquents. La capacité des opérateurs à garantir la sécurité, la fiabilité et la régularité du service sera la clé pour consolider cette nouvelle dynamique de marché.
Bernardo
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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