Crise socio-politique : Quel impact pour l'économie?
Dernière mise à jours il y'a 3 moisLes remous politiques qui ont suivi la consultation présidentielle au Cameroun ont jeté une ombre sur l'environnement économique du pays. Au-delà des indicateurs macroéconomiques et des décisions des grands investisseurs, l'incertitude générée par cette période post-électorale mouvementée frappe de plein fouet les secteurs les plus fragiles de l'économie : le secteur informel et les institutions de microfinance (IMF).
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Le secteur informel, qui constitue l'essentiel du tissu économique et est le principal pourvoyeur d'emplois pour la majorité des populations urbaines, se révèle particulièrement vulnérable aux chocs sociopolitiques. Toute période de troubles ou de fortes tensions se traduit par une diminution de la circulation des personnes et des biens. Les petits commerçants, les vendeurs à la sauvette, les mototaxis et autres prestataires de services voient leur clientèle se raréfier au quotidien. Cette contraction de l'activité mène directement à une chute des recettes journalières, menaçant la survie même de ces micro-entreprises qui opèrent souvent sans marge de manœuvre. Pour de nombreux ménages, ce recul de l'activité informelle est synonyme d'une aggravation immédiate de la précarité. Des manifestations ou des émeutes peuvent se solder par des actes de vandalisme et la destruction d'infrastructures ou d'étals. Pour un petit artisan ou un commerçant de rue, la perte de son matériel (chariot, marchandises, kiosque) est une catastrophe, d'autant plus que ces biens sont rarement assurés. Cette perte en capital physique anéantit souvent l'unique source de revenu familial. L'arrêt ou le ralentissement du transport entre les zones de production (souvent rurales) et les marchés urbains, dû aux barrages ou à l'insécurité routière, se répercute sur les prix et la disponibilité des produits. Le petit commerce subit de plein fouet ces perturbations logistiques, augmentant ses coûts d'exploitation dans un contexte de revenus réduits.
Les institutions de microfinance (IMF) jouent un rôle crucial en offrant des services financiers (épargne et microcrédit) aux populations exclues du circuit bancaire classique, dont une grande partie des acteurs du secteur informel. L'instabilité post-électorale fragilise ce système de plusieurs manières. La baisse des revenus des petits entrepreneurs, évoquée précédemment, engendre inévitablement des difficultés de remboursement des microcrédits. Le portefeuille des IMF se dégrade, exposant ces structures à des risques de solvabilité et de liquidité. La mission sociale première de ces institutions à savoir le financement des plus démunis est ainsi mise en péril. Face à l'accroissement des risques de défaut et à la prudence des épargnants qui pourraient retirer leurs dépôts, les IMF tendent à devenir plus sélectives et frileuses dans l'octroi de nouveaux prêts. Cette réduction de l'offre de microcrédit assèche la source de financement vitale pour la création ou l'expansion des petits métiers, réduisant leur capacité à jouer leur rôle de soupape de sécurité contre le chômage. En période de défiance généralisée, les épargnants (petits déposants) peuvent être tentés de retirer leurs fonds des structures formelles et semi-formelles, craignant pour la sécurité de leur capital en cas de troubles graves ou de faillite. Ce phénomène met les IMF sous une forte pression de trésorerie, pouvant potentiellement déstabiliser l'ensemble du sous-secteur.
En somme, l'onde de choc du climat politique actuel ne se limite pas aux grandes entreprises et aux investissements majeurs. Elle crée un cercle vicieux où l'incertitude politique paralyse le secteur informel, ce qui fragilise ensuite les institutions de microfinance, qui sont pourtant l'unique recours financier pour des millions de Camerounais. L'urgence est donc de rétablir la sérénité non seulement pour attirer les capitaux extérieurs, mais surtout pour protéger le tissu économique de base du pays.
BCN
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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