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Commerce transfrontalier informel : Le cacao booste les échanges entre le Cameroun et le Nigeria

Dernière mise à jours il y'a 4 mois

Le commerce informel aux frontières du Cameroun a connu une année dynamique en 2024. Selon les données compilées par l’Institut national de la statistique (INS), ce marché parallèle a généré près de 214,98 milliards de FCFA de recettes d’exportation vers les pays voisins, soit une hausse de 3,8% par rapport à 2023. Cette performance est principalement tirée par l’envolée des prix internationaux du cacao.

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Dans cet échiquier transfrontalier, le Nigeria s’est hissé au rang de deuxième partenaire informel du Cameroun, absorbant 30,8% des flux illicites totaux. Cette prépondérance est directement liée aux exportations clandestines de fèves de cacao. Le cacao a généré à lui seul 41,4 milliards de FCFA dans les circuits informels, représentant 63,9% des recettes totales dans ce secteur. Ce chiffre traduit une progression remarquable de 145,6% en seulement un an. Cette domination du cacao occulte la chute d’autres produits jadis moteurs de ce commerce parallèle tels que l’huile de palme qui recule de 54,1% (6,3 milliards FCFA), le riz décortiqué qui chute de 68% (2,5 milliards FCFA) et le bétail vivant qui diminue de 50% (1,65 milliard FCFA). Ces évolutions confirment la forte dépendance des flux transfrontaliers aux revenus du cacao et la demande soutenue du marché nigérian.

Si, à l’échelle nationale, l’informel ne représente que 6,6% des exportations officielles du Cameroun (215 milliards FCFA contre 3 252 milliards FCFA), son poids change radicalement lorsqu’on se concentre sur les six pays frontaliers (Nigeria, Tchad, RCA, Congo, Gabon et Guinée équatoriale). Avec ses 215 milliards de FCFA, le commerce informel atteint 88% des échanges officiels (245 milliards FCFA) avec ces voisins. Dans cet espace restreint, les flux parallèles rivalisent presque d'égal à égal avec le commerce déclaré. Les principaux corridors, notamment via le pont de Guéli et le poste d’Ekok, confirment leur rôle central dans cette économie non contrôlée.

L’ampleur de ce siphonage met en lumière les défis rencontrés par les autorités. On se souvient des pertes évaluées à près de 70 milliards de FCFA lors de la campagne 2022-2023, qui avaient poussé le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, à « suspendre à titre conservatoire les expéditions de cacao vers le Nigeria ».

Toutefois, les données de l’Office national du cacao et du café (ONCC) révèlent une évolution notable. le Nigeria est également devenu le premier importateur africain de cacao camerounais formel. La campagne 2024-2025 enregistre 2 100 tonnes de fèves légalement exportées vers ce pays, soit 1,09% des volumes nationaux. Ce glissement vers des importations légales, bien que modeste par rapport à l'informel, est un premier pas vers une meilleure régulation des échanges de ce produit agricole essentiel.


BCN

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bernardo carlos ndjomo
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