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Commerce informel : Le Nigéria, principal fournisseur du Cameroun

Dernière mise à jours il y'a 3 mois

Le rapport 2024 sur le commerce transfrontalier non enregistré, publié par l’Institut National de la Statistique (INS), révèle que le Nigeria maintient sa position de principal fournisseur informel du Cameroun. Les flux de marchandises illicites et non déclarées provenant du pays voisin représentent 66,5% du total des importations informelles, pour une enveloppe de 176,58 milliards de FCFA en 2024.

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Bien que les importations non enregistrées depuis le Nigeria aient connu une légère hausse de 1,9% en 2024 (après un recul observé entre 2022 et 2023), cette progression s'explique principalement par une amélioration du climat sécuritaire dans les régions frontalières de l'Extrême-Nord et du Nord-Ouest, traditionnels points de passage pour les hydrocarbures et produits manufacturés. L'analyse de la composition de ces importations révèle l'attractivité persistante de certains produits nigérians sur le marché camerounais, souvent en raison de prix plus compétitifs et de la perméabilité de la frontière. Le marché de la contrebande reste dominé par les carburants et lubrifiants, qui constituent à eux seuls 33% des exportations frauduleuses du Nigeria vers le Cameroun.


Toutefois, ce sont les produits manufacturés qui affichent les hausses les plus significatives en 2024, soulignant une demande intérieure très forte pour des alternatives moins coûteuses. Le secteur de chaussures a connu une progression impressionnante de 170,8% en glissement annuel, atteignant 21,2 milliards de FCFA de ventes informelles. La chaussure devient ainsi le deuxième produit le plus introduit par le circuit parallèle après les carburants. L'importation frauduleuse de produits de construction (briques, carreaux et autres pièces en céramique) a bondi de 148,9%. Ce phénomène pose un risque réel de qualité et de sécurité pour les constructions sur le territoire national, en plus de nuire aux acteurs locaux qui investissent dans l'offre nationale. Les flux d'eaux, y compris les eaux minérales, ont également augmenté de 77,4%, représentant une dépense de 10,25 milliards de FCFA.


Parallèlement à cette augmentation de la contrebande de biens de consommation et de construction, le rapport de l’INS note un repli de certains autres flux. Les importations non déclarées de motocycles ont chuté de 61,6%. D'autres produits connaissent également un net recul : les tissus de coton (-35,1%), les animaux vivants de l’espèce bovine (-56,6%) et les whiskys et autres boissons spiritueuses (-28,9%). Ce déséquilibre des échanges transfrontaliers informels contribue de manière significative au déficit global du Cameroun vis-à-vis de ses voisins. Ce commerce non taxé prive l'État camerounais d'importantes recettes douanières et fiscales, et entrave le développement de l'industrie locale de la chaussure, des matériaux de construction et de l'agroalimentaire.


BCN

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bernardo carlos ndjomo
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