Champ gazier Yoyo : La SNH perd des parts au profit de Noble Energy
Dernière mise à jours il y'a 1 moisLe secteur énergétique camerounais traverse une phase de reconfiguration, particulièrement au sein de ses actifs gaziers offshore. La Société Nationale des Hydrocarbures (SNH), qui détenait jusqu'alors la moitié des parts, a vu sa participation ramenée à 25 %. Parallèlement, l'opérateur américain Noble Energy a consolidé sa position en s'octroyant désormais les trois quarts du capital (75 %).
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Cette mutation actionnariale, bien que discrète sur le plan de la communication officielle, souligne les enjeux financiers et techniques colossaux liés à la mise en valeur des ressources sous-marines. Le passage de témoin entre l'État et le partenaire privé ne semble pas résulter d'une vente classique, mais plutôt d'un mécanisme propre aux accords pétroliers complexes. Selon les analystes du secteur, cette nouvelle répartition s’inscrit probablement dans la flexibilité offerte par les Contrats de Partage de Production (CPP). Dans cette configuration, les parts peuvent être réévaluées pour correspondre à l'effort d'investissement réel consenti par chaque membre du consortium.
Alors que le champ Yoyo entame des phases de développement de plus en plus coûteuses, cette montée en puissance de Noble Energy indique que la firme internationale assume désormais l'essentiel du portage technique et financier. Pour le Cameroun, ce retrait partiel permet de limiter l'exposition de ses finances publiques aux risques industriels, tout en s'assurant que le projet progresse sous l'égide d'un leader technologique capable de transformer ces réserves en production effective.L'importance de ce bloc dépasse les frontières nationales. Intégré au gisement transfrontalier Yoyo-Yolanda partagé avec la Guinée équatoriale, l'ensemble recèle un potentiel estimé à 2 500 milliards de pieds cubes de gaz. Ce réservoir géant est au cœur d'une stratégie de coopération bilatérale renforcée entre Yaoundé et Malabo, dont les contours ont été validés lors de récentes sessions diplomatiques en 2025.
La stratégie d’exploitation de cette ressource repose sur un système d’exportation binaire. Une première voie de transport acheminera le gaz vers l’unité de traitement de Bipaga, située dans le Sud du Cameroun, afin de répondre aux attentes énergétiques du marché domestique et des pôles industriels du pays. Parallèlement, une seconde conduite sera reliée au complexe de Punta Europa sur l’île de Bioko, permettant de tirer profit des installations de liquéfaction déjà fonctionnelles en Guinée équatoriale. Dans ce cadre coopératif, le Cameroun maintient une prépondérance stratégique, puisque les accords lui garantissent la jouissance de 84 % des ressources extraites, tandis que la part de la Guinée équatoriale est fixée à 16 %.
Malgré la réduction de sa participation directe, l'État camerounais mise sur l'accélération du calendrier de production. L'objectif est de sécuriser durablement l'offre en gaz naturel pour les centrales thermiques du pays et de stimuler la création de valeur ajoutée via l'agro-industrie et la pétrochimie. En confiant le pilotage opérationnel à Noble Energy, le Cameroun s'offre les meilleures garanties pour voir ce projet transfrontalier passer du stade des réserves à celui d'un levier de croissance concret pour la sous-région d'ici la fin de la décennie.
BCN
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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