CEMAC : Le FCFA pénalise les exportateurs
Dernière mise à jours il y'a 1 moisL'évaluation récente de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), rendue publique en décembre 2025, met en évidence un déséquilibre monétaire persistant au sein de la zone. Loin de bénéficier aux échanges extérieurs, la vigueur du Franc CFA au troisième trimestre de l'année a eu pour effet direct d'élever le coût des marchandises de la sous-région, entravant sérieusement la capacité des pays de la CEMAC à se montrer concurrentiels sur les marchés internationaux. La dynamique des changes a ainsi contrebalancé l'intégralité des efforts économiques réalisés.
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La détérioration de la compétitivité-prix est attestée par la progression de l'indicateur du coût relatif des produits de la région (le Taux de Change Effectif Réel ou TCER). Ce dernier a continué de s'apprécier de 1,2% entre juillet et septembre, après une hausse notable de 2,8% le trimestre précédent. Cette tendance signifie que les produits régionaux sont systématiquement devenus plus chers que ceux des concurrents, annulant le léger gain de position concurrentielle observé en début d'année. Ce renchérissement monétaire s'explique par l'arrimage du FCFA à l'Euro, dont la solidité a tiré mécaniquement la monnaie commune vers le haut face aux devises des principaux partenaires commerciaux. Le FCFA s'est ainsi renforcé de manière significative : +3,1% contre le dollar américain, +2,4% face au yuan chinois, et +2,3% contre la livre sterling.
L'appréciation du Franc CFA a généré un effet ciseau particulièrement défavorable sur les échanges commerciaux de la région. D'une part, elle a agi comme un frein puissant sur les exportations : en rendant les produits locaux plus coûteux, l'augmentation du TCER des exportations (+0,4% au troisième trimestre) a conduit à une compression de la demande internationale, ce qui réduit de facto les volumes et les recettes en devises perçues par les pays de la CEMAC. D'autre part, cette vigueur monétaire a paradoxalement encouragé les importations, car le même phénomène rendait les biens étrangers plus accessibles en termes de prix pour les consommateurs et les entreprises de la zone, le TCER des importations ayant enregistré une progression de +1,5% au cours de la période.
Ce phénomène s'est produit malgré un différentiel d'inflation favorable (l'inflation sous-régionale étant restée modérée à 0,8%) mais cette modération des prix internes n'a pas suffi à contrecarrer la puissance du facteur monétaire externe. Le problème du taux de change s'est conjugué à un environnement de marché difficile. L'indice global des prix des produits exportés par la CEMAC a marqué une forte correction de 4,7% au troisième trimestre 2025. La situation est particulièrement aiguë pour les produits agricoles et forestiers, dont les cours ont chuté de 8% pour l'ensemble des produits non énergétiques. Des baisses notables ont été enregistrées pour le cacao (-13,9%), le café (-8,9%) et le riz (-7,4%). Ce déclin des prix des produits de base accentue la pression sur les recettes d'exportation de la région, dont l'économie repose très majoritairement sur ces filières peu diversifiées. Seule la légère hausse des cours du pétrole (+2,3%, à 67,5 dollars le baril) a permis d'amortir partiellement ce choc. L'analyse de la BEAC confirme ainsi que le poids de la parité monétaire a été l'élément prépondérant dans la dégradation de la compétitivité régionale en 2025.
bernardo carlos ndjomo
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Floyd Miles
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