CEEAC : Les défis qui interpellent le nouveau président
Dernière mise à jours il y'a 4 moisRéunis le 7 septembre 2025, les chefs d’État de la CEEAC ont désigné Ezéchiel Nibigira pour diriger l’institution au cours des cinq prochaines années. Cet ancien ministre des Affaires étrangères du Burundi, fort d’un parcours riche et diversifié, prend la tête d'une organisation qui fait face à de nombreux défis pour concrétiser l'intégration régionale
Lire aussi : Changement climatique : Le lourd tribut de l'Afrique
La nomination d'Ezéchiel Nibigira s'inscrit dans un contexte d'ambition et de défis structurels. Malgré une superficie de 6,67 millions de km² et une population d'environ 200 millions d'habitants, l'intégration économique de la région de la CEEAC est la plus faible d’Afrique. Les données récentes montrent que le commerce intra-régional ne représente qu'entre 2 et 3 % du commerce total, un chiffre modeste en comparaison avec les autres blocs du continent.
Ces performances s'expliquent par la persistance de multiples obstacles. L’insécurité dans plusieurs États membres (République centrafricaine, Tchad, RDC), le manque de fluidité dans la libre circulation des personnes et des biens, ainsi que les barrières non-tarifaires aux frontières, sont des freins majeurs à la réalisation du marché commun prévu par le Traité de la Communauté.
La feuille de route d'Ezéchiel Nibigira est claire : dynamiser une institution dont le potentiel est encore largement inexploité. Son profil semble particulièrement adapté aux défis qui l’attendent. Son expérience en tant que Directeur des Douanes et à la tête de l’Autorité maritime et ferroviaire sera précieuse pour s'attaquer aux problèmes de facilitation des échanges et d’infrastructures. Son passage au poste de ministre des Affaires étrangères lui confère la stature diplomatique nécessaire pour arbitrer les divergences entre les onze États membres et pour promouvoir une approche commune sur les questions de sécurité et de paix, qui sont la base de toute intégration économique.
La nomination d'un nouveau président est un pas décisif pour la CEEAC, mais sa réussite dépendra de sa capacité à transformer les ambitions du Traité en actions concrètes. L'institution a déjà entamé des réformes depuis 2017, visant à la rendre plus efficace et plus performante. La mission du nouveau président est d’accélérer la mise en œuvre de ces réformes et mobiliser la volonté politique de chaque État membre. C'est à ce prix que la CEEAC pourra devenir une institution forte et respectée, capable de jouer un rôle central dans le développement économique de l'Afrique centrale.
Bernardo Carlos NDJOMO
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
Actually, now that I try out the links on my message, above, none of them take me to the secure site. Only my shortcut on my desktop, which I created years ago.