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Cameroun-FMI : Les chantiers prioritaires du programme économique 2026-2029

Dernière mise à jours il y'a 7 heures

Le ministre des Finances, Louis Paul Motazé, a reçu le 12 février 2026 une mission du FMI conduite par Christine Dieterich pour restituer les conclusions d’une revue macroéconomique approfondie. Au cœur des échanges : la définition des chantiers prioritaires pour le futur programme économique 2026-2029, avec un double impératif de modernisation des infrastructures et de renforcement de la souveraineté fiscale.

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Pour le FMI, le constat est sans équivoque : les déficits en routes, en énergie et en télécommunications freinent brutalement l'activité économique du pays. Christine Dieterich a souligné que les besoins en investissements sont considérables pour libérer "l'énorme potentiel" du Cameroun. Cependant, l'accent n'est pas mis uniquement sur le volume des investissements, mais sur leur efficacité. Le Fonds exhorte le gouvernement à accroître sa capacité de mise en œuvre afin d'atteindre des résultats concrets en faveur de l'emploi et de la réduction de la pauvreté. Les télécommunications ont été particulièrement ciblées comme un levier de croissance sous-exploité en raison d'une réglementation jugée trop restrictive.

Dans un contexte où le Cameroun doit manœuvrer avec des contraintes d'endettement strictes pour préserver sa stabilité macroéconomique, la mobilisation des recettes fiscales devient le moteur de la stratégie nationale. Le FMI et Yaoundé s'accordent sur le fait que la capacité à lever des impôts et taxes de manière efficace est la seule base essentielle pour financer des investissements solides de façon soutenable. Pour le ministre Louis Paul Motazé, la conclusion de ce nouveau programme est une nécessité absolue. Au-delà des réformes, il s'agit de sécuriser les appuis budgétaires qui, en cas de non-conclusion, obligeraient l'État à solliciter des ressources alternatives bien plus onéreuses.

L'enjeu de ces discussions dépasse les seules frontières camerounaises. La stabilité monétaire de l'Afrique Centrale en dépend directement. Entre mars et novembre 2025, les réserves de change de la zone CEMAC ont reculé de 1 335,7 milliards de FCFA, soit l'équivalent d'un mois d'importations. Cette érosion est due à la faiblesse du rapatriement des recettes d'exportation et à l'alourdissement du service de la dette extérieure.

Selon les services de la BEAC, les financements du FMI pourraient représenter jusqu'à 40 % du stock total des réserves à l'horizon 2029. Sans ce nouvel accord, la région s'exposerait à une crise de liquidités en devises, menaçant l'importation de produits stratégiques. Le futur programme 2026-2029 n'est donc pas seulement un outil de développement pour Yaoundé, mais le garant de la résilience monétaire de toute la sous-région.


Bernardo

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