Cacao : Le Cameroun présente sa stratégie face au RDUE
Dernière mise à jours il y'a 3 semaineFace au défi posé par le Règlement de l'Union européenne sur la déforestation (RDUE), le Cameroun déploie une stratégie d'envergure. Lors d'une rencontre tenue à Yaoundé ce 16 décembre 2025, les autorités ont dévoilé un arsenal technique et administratif pour sanctuariser l'accès de l'or brun national au marché communautaire. Entre révolution des rendements, exploitation des savanes et certification rigoureuse, le pays refuse de choisir entre essor économique et protection du couvert forestier.
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Le premier levier de cette riposte réside dans l'optimisation drastique du patrimoine agricole actuel. Le gouvernement mise sur un verger de 650 000 hectares dont le potentiel reste largement sous-exploité. Avec des rendements nationaux qui plafonnent aujourd'hui autour de 500 kg à l'hectare, l'objectif est de briser ce plafond de verre grâce à l'innovation agronomique. Les nouvelles variétés de semences, issues de la recherche locale, permettent d'envisager des récoltes allant de 1,5 à 2 tonnes à l'hectare. En privilégiant la densification et la régénération des plantations existantes sans extension de surface, le Cameroun fait le pari d'une intensification protectrice. Cette approche doit permettre de tripler la production globale tout en restant en parfaite conformité avec l'exigence « zéro déforestation » imposée par Bruxelles.
Pour absorber la hausse de la demande mondiale sans empiéter sur le bassin forestier du Congo, le Cameroun valorise désormais ses écosystèmes de savane. Des départements comme le Mayo-Banyo, le Mbéré ou le nord du Noun s'imposent comme les nouvelles frontières de la culture. Ces terres, dépourvues de forêts primaires par nature, offrent une opportunité stratégique pour développer des plantations certifiées dès leur création. Parallèlement, un volet dédié à la restauration des paysages dégradés est activé. En collaboration avec les exploitants forestiers, des zones déclassées sont réhabilitées sous forme de systèmes agroforestiers. Cette méthode concilie la réintroduction d'essences d'ombrage et la culture du cacaoyer, transformant des terres appauvries en puits de carbone productifs.
Le sommet de Yaoundé a également été marqué par la validation officielle du Manuel d’appui à la diligence raisonnée. Ce document, qui fait désormais office de passeport pour l'exportation, conditionne chaque cargaison à une vérification stricte de sept piliers fondamentaux. Au-delà de l’absence prouvée de déforestation, le cacao camerounais doit désormais attester de sa parfaite légalité sur le plan des droits fonciers, du respect des droits de l’homme et de la protection de l'environnement.
La conformité s'étend également à la sphère sociale et éthique : le respect du droit du travail, l'intégrité fiscale et la lutte contre la corruption sont désormais des critères éliminatoires. Enfin, une attention particulière est portée au consentement libre et préalable des populations autochtones. Ce processus de diligence raisonnée impose aux opérateurs une traçabilité totale, liant chaque fève à une parcelle géolocalisée. Bien que l’entrée en vigueur définitive du RDUE puisse glisser vers 2027, le Cameroun a choisi d'être opérationnel dès à présent pour transformer cette contrainte en un label de compétitivité internationale.
Ndjomo Carlos
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Floyd Miles
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