Cacao : Des espérances sous ombrage
Dernière mise à jours il y'a 3 moisMalgré les signaux encourageants lancés à l’ouverture de la campagne cacaoyère 2025-2026, le secteur de « l’or brun » fait face à un début de saison contrasté. Sur le terrain, la fève camerounaise, réputée pour sa qualité, est pénalisée par une décote conséquente qui maintient les rémunérations des producteurs bien en deçà des attentes officielles.
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Le principal défi réside dans l’écart qui se creuse entre les prix espérés et les montants réellement versés aux planteurs. À l'aube de cette nouvelle campagne, les projections du gouvernement anticipaient une fourchette de prix s’étalant de 3200 à 5400 francs CFA le kilogramme. Or, le système de suivi instantané des filières révèle une tout autre réalité. Le prix bord-champ dans les bassins de production stagne actuellement entre 2400 F et 2700 F le kilogramme. Au port de Douala, cette valeur n'atteint guère plus de 2639 F à 2839 F. Pour justifier ces baisses de prix, les acheteurs invoquent, entre autres facteurs, les contraintes logistiques liées à l’accessibilité difficile de certaines zones de récolte. Ces difficultés constituent un prétexte récurrent pour pratiquer des décotes qui minent le pouvoir d’achat des producteurs.
À cette problématique locale s'ajoute l’environnement complexe du marché mondial, notamment les fluctuations à la bourse de Londres. Après avoir atteint des sommets lors de la saison 2024-2025, le cours mondial du cacao enregistre un recul. Cette pression à la baisse est principalement alimentée par les prévisions d'un excédent de production à l’échelle planétaire. La campagne 2025-2026 devrait en effet confirmer la tendance entamée la saison précédente. Les analystes anticipent un surplus de production sur la demande mondiale qui pourrait atteindre environ 186 000 tonnes. Cette dynamique est notamment tirée par l’embellie de la production attendue dans des pays d’Amérique latine comme l’Équateur.
La conséquence directe de cet afflux de fèves sur le marché est la prévision d’une baisse graduelle des prix à court et moyen terme, qui pourraient se stabiliser autour de 3000 dollars la tonne. Si le Cameroun a commercialisé une production record de 309 518 tonnes lors de la saison 2024-2025 (affichant une croissance de 13 %), l’enjeu actuel est de traduire ce succès quantitatif en une juste rémunération pour les planteurs. La reconnaissance du cacao camerounais dans le cercle restreint des « cacaos fins » devrait constituer un levier pour minimiser l’impact des décotes liées aux cours internationaux. Face aux fluctuations des marchés et à la prochaine entrée en vigueur (janvier 2026) du Règlement de l’Union Européenne sur la déforestation, la filière camerounaise est sommée de consolider sa chaîne de valeur et d’assurer une traçabilité irréprochable pour garantir son accès aux marchés primeurs. L’urgence est de neutraliser les facteurs locaux qui affaiblissent le prix à la source, afin de protéger l'acteur central de la filière.
Bernardo
bernardo carlos ndjomo
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Floyd Miles
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