BEAC : Les réserves de change en chute
Dernière mise à jours il y'a 4 moisLa Banque des États de l'Afrique Centrale (BEAC) a enregistré une chute considérable de ses réserves de change, qui se sont érodées de 1 000 milliards de FCFA en seulement deux mois, selon des sources concordantes. Cette diminution rapide soulève des préoccupations fondamentales quant à la résilience de l'union monétaire (CEMAC) face aux chocs externes.
Lire aussi : Accès durable à l'eau potable : Camwater et CGCOC Cameroun Ltd en osmose
Les réserves de change constituent le pivot de la crédibilité monétaire. Elles garantissent la parité fixe du FCFA avec l'euro et assurent la capacité de la BEAC à couvrir les importations et à gérer les transactions internationales de ses pays membres. Une érosion de cette ampleur en une période aussi courte est un déterminant essentiel pour évaluer le risque pesant sur l'ensemble du système.
Cette diminution pose la question de la solvabilité à court terme de la zone et du respect par la Banque centrale de ses engagements, notamment le maintien d'un taux de couverture des importations jugé approprié par les partenaires comme le FMI. La chute des réserves s’explique par une convergence de facteurs structurels et conjoncturels, typiques des économies dépendantes des matières premières : Malgré la légère remontée des cours de certaines matières premières, la volatilité mondiale reste forte. Les recettes d'exportation des produits clés (hydrocarbures, minerais) n'ont pas permis de générer un flux de devises suffisant pour compenser les sorties. Le principal point de fragilité réside dans l'application effective de la réglementation des changes. Les difficultés persistantes dans le rapatriement des devises par les entreprises extractives et d'exportation (qui sont tenues de céder une partie de leurs recettes à la BEAC) créent un déficit majeur dans l'approvisionnement du marché en devises. Les entreprises tardent souvent à rapatrier les fonds, ce qui alimente un manque structurel de liquidités en devises.
Face à cette alerte, la BEAC et les États membres de la CEMAC sont sous une pression accrue pour mettre en œuvre des mesures essentielles d’ajustement. L'urgence est triple : les États doivent accélérer les réformes budgétaires et réduire les déficits pour limiter la demande d'importations, qui pèse lourdement sur les réserves. La BEAC doit renforcer la pression et le contrôle sur le rapatriement des recettes d'exportation pour réapprovisionner les caisses. À long terme, la seule solution pérenne est la diversification de l'économie, pour réduire la dépendance aux chocs extérieurs sur les matières premières et générer des recettes en devises à partir de secteurs plus stables. La capacité de la Zone Franc à surmonter cette nouvelle érosion des réserves est un déterminant crucial de sa stabilité et de sa confiance auprès des investisseurs internationaux.
BERNARDO CARLOS NDJOMO
bernardo carlos ndjomo
Commentaire(s) du post
Articles similaires
Floyd Miles
Actually, now that I try out the links on my message, above, none of them take me to the secure site. Only my shortcut on my desktop, which I created years ago.